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jeudi 15 décembre 2016

Sur les chemins noirs de Sylvain Tesson

Critique de Sur les chemins noirs de Sylvain Tesson


Résumé :
Quatrième de couverture : Il m'aura fallu courir le monde et tomber d'un toit pour saisir que je disposais là, sous mes yeux, dans un pays si proche dont j'ignorais les replis, d'un réseau de chemins campagnards ouverts sur le mystère, baignés de pur silence, miraculeusement vides.
La vie me laissait une chance, il était donc grand temps de traverser la France à pieds sur mes chemins noirs.
Là, personne ne vous indique comment vous tenir, ni quoi penser, ni même la direction à prendre.
Écrivain-voyageur, Sylvain Tesson a sillonné la Sibérie, chevauché dans les steppes et campé sur les bords du lac Baïkal. Mais c'est un récit de voyage d'un autre genre qu'il raconte dans Sur les chemins noirs. Alors qu'il fêtait la publication prochaine d'un de ses livres, il fait une chute de près de dix mètres en escaladant la façade d'une maison. Après une dizaine de jours passée dans le coma, il débute une longue période de rémission à l'hôpital mais conserve de graves séquelles de cet accident. Etant encore alité, il se promet de réaliser un tour de France dès qu'il pourra marcher librement à nouveau. Il remarque, avec beaucoup d'ironie, que bien qu'il connaisse la Sibérie et même l'Himalaya, la France et ses régions ne lui sont pas familières. Il décide alors d'aller à la découverte de son propre pays dans le cadre d'un périple intime, par ce qu'il appelle "ses chemins noirs", c'est-à-dire les petits chemins des zones hyper-rurales, tout juste répertoriés sur les cartes de l'IGN au 25 000e. Du Mercantour jusqu'au Cotentin, il traverse le pays par la diagonale du fou, privilégiant les espaces solitaires, et livre au lecteur, pas à pas, ses impressions de voyage.



mardi 12 juin 2012

Voyage au Congo suivi de Le Retour du Tchad d'André Gide

Critique de Voyage au Congo suivi de Le Retour du Tchad d'André Gide

Résumé :
Quatrième de couverture : Récit d'un séjour en Afrique Équatoriale Française où l'émerveillement devant la nature sauvage se conjugue à l'indignation face au sort des colonisés. Un des premiers réquisitoires contre le colonialisme, bref, mais efficace et réaliste.
Porté par un désir d'ailleurs et un rêve de jeunesse, André Gide part pour l'Afrique Équatoriale Française où il réalise un voyage à pied, en bateau et en voiture. C'est au plus près des indigènes qu'il passe ses journées découvrant ainsi les merveilles du pays autant que les atrocités coloniales qu'il prend le parti de dénoncer dans son texte. Le grand sens de l'observation ainsi que la recherche perpétuelle de sentiers nouveaux qui caractérisent la démarche d'André Gide font tout le prix de ce récit de voyage qui s'avère être beaucoup plus qu'un compte-rendu des événements au jour le jour. L'émerveillement, la stupéfaction et l'horreur se conjuguent dans ce texte pour venir former une kyrielle d'émotions qui gravitent autour des mots et viennent le nourrir de sentiments contraires.

samedi 6 août 2011

En avant, route! d'Alix de Saint-André

Critique de En avant, route! d'Alix de Saint-André

Résumé :
Quatrième de couverture : Pèlerine multirécidiviste, peu douée pour la marche et accrochée à ses cigarettes, Alix de Saint-André a pris trois fois la route de Compostelle. D'abord, depuis Saint-Jean-Pied-de-Port, sur le "chemin français", où s'envolèrent ses idées de méditation solitaire dans des refuges surpeuplés ; puis, de La Corogne jusqu'à Finisterre, sur le "chemin anglais" ; et enfin depuis les bords de la Loire, pour accomplir ce que les Espagnols appellent "le vrai chemin", celui qu'on doit faire en partant de chez soi...
Des paysages sublimes en banlieues pittoresques, elle a rejoint ce peuple de marcheurs de tous pays, réunis moins par la foi que par les ampoules aux pieds, qui se retrouvent pour vivre à quatre kilomètres-heure une aventure humaine sur laquelle elle porte un regard à la fois affectueux et espiègle.
Ce qu'Alix de Saint-André nous propose à travers cet ouvrage, c'est de marcher avec elle. Au jour le jour, le lecteur attentif et discret partage les peines, les douleurs, les joies ou encore les révélations qui jalonnent son chemin de pèlerine. Sur le chemin, "el camino" comme disent les Espagnols elle va rencontrer des gens, croiser des destins et s'attarder ici où là pour découvrir petit à petit le vrai sens du chemin : le pas que l'on effectue vers l'autre. Elle nous raconte des anecdotes, brosse le portrait de Pascal et de son âne Pompon, celui de Carlos ou encore celui de Rodrigo et de Paco, autant d'individus très différents et qui se retrouvent pourtant là : au même endroit au même moment. Chacun a des motivations diverses et des attentes secrètes comme chacun possède ses raisons de marcher vers Compostelle.
En avant, route! fait figure de récit vivant qui nous entraîne loin de la routine quotidienne, dans les montagnes et dans la poussière du chemin foulé depuis des siècles vers Saint-Jacques-de-Compostelle. Alors que de plus en plus, la société encourage l'individualisme, l'auteur nous propose de rompre avec ce schéma pour se tourner vers l'autre.

mardi 24 mai 2011

Le guitariste nomade de Miguel Haler

Critique du Guitariste nomade de Miguel Haler



Résumé :
Quatrième de couverture : Troubadour des temps modernes, Miguel Haler est né à la croisée de deux cultures, nomade par son grand-père maternel, sédentaire par son père.
A travers son livre, l’auteur retrace avec verve et truculence ses longues années de bohème et renouvelle avec bonheur le genre de « On the road ».
Dans un récit bouillonnant, où le cocasse côtoie le tragique, mêlant poésie vagabonde des gitans et accents populaires du monde ouvrier, Miguel Haler nous raconte comment il a décidé et réussi à ne vivre que de sa guitare.
« Le guitariste nomade » est la description d’une errance, d’une quête, d’un art de vivre avec une guitare, pour elle et par elle, comme le font certains gitans…
Péripéties vagabondes d’un homme pas très ordinaire qui croit à son destin en l’homme et qui nous dit comment rencontres, amitiés et amours l’ont amené à considérer à la fois la beauté et l’éphémère de l’existence.
Le guitariste nomade c’est tout simplement un récit de vie. Mais il ne faut pas lire ce livre comme un au revoir mais plutôt comme une célébration : la célébration de l’instant et, grâce à la considération du temps passé, des choses à venir. Miguel Haler, profondément marqué par la flamme gitane, a fait chanter sa guitare par-delà les frontières des pays et par delà-même la frontière entre la mort et la vie. En effet, après de nombreux spectacles il finit par jouer dans des maisons de retraites et des hôpitaux pour y faire office de « passeur d’âmes ». Cette expression est une des clefs du livre et elle en composera d’ailleurs ses derniers mots.
Miguel Haler nous livre ici un peu de sa vie de voyages et de musiques et nous fait profiter à nous aussi de son don de passeur en nous transportant vers d’autres horizons, sur les chemins la guitare sur le dos.

vendredi 20 mai 2011

Tsiganes de Jan Yoors

Critique de Tsiganes de Jan Yoors

Résumé :
Quatrième de couverture : Dans une ville de Flandres de l’entre-deux guerre, un gosse de douze ans observe un campement de nomades. Il y rencontre d’autres enfants, sympathise, oublie l’heure et disparaît pendant six mois. Quand il revient, c’est pour annoncer à ses parents qu’il part sur la route avec des dresseurs de chevaux, vivre avec eux la fraternité du voyage, les itinéraires secrets, et partager les hérissons grillés au coin du feu. Chose incroyable, sa famille accepte. C’est cette histoire, la sienne, que Jan Yoors raconte, dans ce qui est devenu un bréviaire de l’insoumission et un témoignage inespéré sur la culture de tout un peuple : un peuple affamé de liberté, fascinant et pourtant tellement méconnu.

« Tsiganes est le livre le plus concret et le plus visuel jamais écrit sur les Tsiganes… Un récit miracle où la réalité la plus exacte, la plus nue, semble battre au rythme même de la légende. » JACQUES MEUNIER
Dans ce livre, Jan Yoors nous transmet son expérience de façon très réaliste. Car à peine enfant, il a déjà adopté un regard de détail sur le monde qui l’entoure. Il est capable de décrire très minutieusement ce qu’il voit sans pour autant tomber dans l’interprétation ethnocentrique des faits. C’est justement un don remarquable dans le cadre d’un tel texte. De plus Jan Yoors qui a été agent de liaison entre les tsiganes et les Forces Alliées pendant la Seconde Guerre mondiale a véritablement vécu de très longues années au sein du peuple qu’il décrit. Considéré comme un tsigane il parle même le romani et se voit proposer un mariage avec une tsigane.
Le fait que l’auteur ait réellement vécu cette vie fait qu’immanquablement son témoignage possède une valeur de vérité incontestable. D’ailleurs il surpasse de loin toutes les affabulations sur ce peuple pondues jusqu’alors. Une question se pose donc, cher lecteur, es-tu prêt à être emporté dans le tourbillon de la poussière des chemins, sur les talons des roulottes de ce peuple mythique ?