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samedi 11 juillet 2026

Consuelo de George Sand

Critique de Consuelo de George Sand


Résumé :
Quatrième de couverture : Si la musique peut changer une vie, peut-elle changer un siècle ? Née pauvre en plein cœur du XVIIIe siècle et bientôt orpheline, Consuelo connaît de bien tristes débuts. Vite remarquée par le célèbre maestro Porpora pour la clarté de sa voix, elle devient cantatrice à Venise. Amour, gloire et trahison vont rythmer une vie d'aventures, de l'Italie à l'Autriche en passant par les châteaux envoûtants de Bohême et leurs paysages romantiques. Entre l'ancien amant Anzoleto, Joseph Haydn, l'ami fidèle, la rivale Corilla ou le ténébreux comte de Rudolstadt, Consuelo incarne l'artiste aux prises avec les tourments de son âme. Comment braver le destin et gravir l'échelle sociale ?
Voici le roman d'apprentissage d'une femme qui se lève contre sa condition et celle de tout un peuple, dans un siècle où grondent déjà les idées de la Révolution.
Écrit en feuilleton, Consuelo (1842-1843) rencontre un tel succès que George Sand lui donne une suite, La Comtesse de Rudolstadt (1843-1844). Ils forment à un deux le prodigieux roman de l'émancipation et de la liberté.
Venise, vers 1742. Consuelo est une pauvre enfant dont la mère, une Espagnole probablement d'ascendance maure, vivait comme une Bohémienne. Comme de nombreuses petites orphelines, elle va être accueillie au conservatoire des Mendicanti pour y apprendre le chant. Elle s'y distingue à plus d'un titre : née en Espagne, elle est considérée comme une étrangère ; elle ne semble pas avoir les mêmes attraits que ses camarades pour les petites coquetteries et autres vanités, elle est même qualifiée de "laideron" et enfin (et surtout) elle chante d'une voix d'ange. Le maître Porpora décèlera très vite son talent et la lancera, un peu malgré lui, sur la grande scène du monde. Entre Venise, la Bohême ou encore Dresde, le destin de Consuelo ressemble à une suite de hasards heureux ou malheureux : n'est-il pas en réalité comme la partition d'une fugue, dans laquelle se rejoue sans cesse le même motif ? Entre le roman gothique et l'aventure picaresque, l'histoire de Consuelo se tient fermement à ce fil rouge à triple brin : l'amour de la scène, la quête de la perfection dans l'art et le culte d'une beauté transcendante dans une entreprise folle pour leurrer la mort.

Canaletto, Place Saint-Marc, Venise (1723-1724).

mercredi 16 mai 2012

Les femmes qui lisent sont dangereuses de Laure Adler et Stefan Bollmann

Critique de Les femmes qui lisent sont dangereuses de Laure Adler et Stefan Bollmann

Résumé :
Quatrième de couverture : Les femmes et la lecture dans l'art occidental "les livres ne sont pas des objets comme les autres pour les femmes ; depuis l'aube du christianisme jusqu'à aujourd'hui, entre nous et eux, circule un courant chaud, une affinité secrète, une relation étrange et singulière tissée d'interdits, d'appropriations, de réincorporations." Laure Adler. L'histoire de la lecture féminine se reflète dans la peinture et la photographie. Les artistes de toutes les époques ont représenté des femmes en train de lire. Pourtant, il aura fallu des siècles avant qu'il soit accordé aux femmes de lire à leur guise.
Ce qui leur incombait d'abord, c'était de broder, de prier, de s'occuper des enfants et de cuisiner. Dès l'instant où elles envisagent la lecture comme une possibilité de troquer l'étroitesse du monde domestique contre l'espace illimité de la pensée, de l'imagination, mais aussi du savoir, les femmes deviennent dangereuses. En lisant, elles s'approprient des connaissances et des expériences auxquelles la société de les avait pas prédestinées. C'est ce chapitre captivant de l'histoire de la lecture féminine que Laure Adler et Stefan Bollmann explorent, avec un soin particulier du détail. Le fil de l'analyse conduit du Moyen-Âge au temps présent, en s'attachant plus spécialement à certaines oeuvres de Rembrandt, Vermeer, mais aussi Manet, Matisse ou Hopper, jusqu'à la fameuse photographie d'Eve Arnold montrant Marilyn Monroe en train de lire Ulysse de James Joyce. De courts textes de commentaire accompagnent ce choix de peintures, de dessins et de photographies.
Les femmes et la lecture. Cette association, à travers les siècles n'a pas toujours été aussi évidente et naturelle qu'elle ne l'est aujourd'hui. En effet, quel intérêt de rendre accessibles aux femmes des lectures érudites? Là n'est pas leur rôle. De même, que penser d'une femme ou d'une jeune fille qui lit des romans parfois frivoles et ayant l'amour pour thème principal? Malgré toutes ces critiques, petit à petit, les femmes ont conquis leur légitimité en tant que lectrices. Car avant tout, une femme qui lit c'est une femme qui s'échappe, qui s'évade dans une réalité autre. Grâce à une iconographie picturale et photographique savamment choisie, ce beau livre pose la problématique des femmes et de la lecture et montre l'évolution de cette question en histoire littéraire.