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samedi 20 février 2016

L'Ampleur du saccage de Kaoutar Harchi

Critique de L'Ampleur du saccage de Kaoutar Harchi

Résumé :
Quatrième de couverture  : Héritiers d'un effrayant geste collectif qui, trente ans plus tôt, a marqué leurs destins du sceau de la désespérance, quatre hommes liés par le souvenir d'un sacrilège traversent la Méditerranée pour connaître, sous le ciel algérien, l'ultime épisode de leur désastre. Sur un motif de tragédie antique, de crimes réitérés et d'impossible expiation, Kaoutar Harchi retrace, de la nuit d'une prison française  à la quête des origines sous les cieux de l'Algérie, la fable d'une humanité condamnée à s'entre déchirer dès lors que ceux qui la composent, interdits de parole ou ligotés par le refoulement de leur mémoire, s'avèrent incapables d'exorciser les démons qui gouvernent leur chair animale.
Arezki, Si Larbi, Ryeb, Riddah, quatre hommes, quatre focales à partir desquelles se développe le roman. Ils se cherchent, se reconnaissent, se rencontrent à nouveau sans jamais dévoiler ouvertement la nature intime de leur lien. Le lecteur est invité à comprendre, dans le creux des dialogues et dans des échanges faits surtout de silences, la clef de cette fraternité problématique. Leur drame se déroule entre la France et l'Algérie, plus que des cadres ces lieux sont des patries, des parents qui marquent leurs enfants de leurs propres histoires et imaginaires qu'ils soient imposés ou refoulés. La Méditerranée ne les sépare pas, elle les lie : tantôt appel à l'ailleurs, tantôt gouffre où s'abîmer la seule véritable alternative est la traversée pour partir à la source, pour chercher l'origine. Ces quatre voix sont comme les angles d'un carré dont le lecteur est appelé à trouver le centre. C'est donc une autre voix qu'il nous faudra entendre, mais parle-t-elle le même langage?

mardi 19 juin 2012

Une mémoire pour l'oubli de Mahmoud Darwich

Critique de Une mémoire pour l'oubli de Mahmoud Darwich

Résumé :
Quatrième de couverture : En ce jour d'août 1982, les troupes israéliennes assiègent Beyrouth et la résistance palestinienne se résout à un nouvel exil. Prisonnier entre les murs de son appartement, dans la ville bombardée, Mahmoud Darwich tente douloureusement de rallier le territoire impossible de la mémoire. Pour dire la complexité du réel, les angoisses de l'enfermement, la folie de la guerre et l'au-delà des souvenirs et des espoirs, l'écrivain compose un récit mêlant dialogues imaginaires, textes du patrimoine arabe classique et poèmes en prose.
Chronique amoureuse d'une ville ou la violence mortelle a effacé les frontières supposées du corps et de l'esprit, de l'amour et du politique, Une mémoire pour l'oubli recueille les fragments d'un passé éclaté et témoigne de l'inévitable travail du deuil et de l'oubli. 
À quoi peut bien penser un homme retranché dans son appartement au beau milieu d'une ville bombardée? Entre le café matinal, l'eau, le chant des oiseaux ou encore l'identité d'un peuple, l'esprit du poète vagabonde de sujets en sujets et jamais ne se fixe pour éviter l'horreur. Cependant, les préoccupations graves et les souvenirs douloureux n'ont de cesse de resurgir et viennent confirmer la cruelle réalité : Beyrouth, un jour d'août 1982.