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jeudi 23 juillet 2026

Jours sans faim de Delphine de Vigan

Critique de Jours sans faim de Delphine de Vigan


Résumé :
Quatrième de couverture : "Cela s'était fait progressivement. Pour en arriver là. Sans qu'elle s'en rende vraiment compte. Sans qu'elle puisse aller contre. Elle se souvient du regard des gens, de la peur dans leurs yeux. Elle se souvient de ce sentiment de puissance qui repoussait toujours plus loin les limites du jeûne et de la souffrance. Les genoux qui se cognent, des journées entières sans s'asseoir.
En manque, le corps vole au-dessus des trottoirs. Plus tard, les chutes dans la rue, dans le métro, et l'insomnie qui accompagne la faim qu'on ne sait plus reconnaître.
Et puis le froid est entré en elle, inimaginable. Ce froid qui lui disait qu'elle était arrivée au bout et qu'il fallait choisir entre vivre et mourir".
D'abord, la voix de Laure n'existe pas. Cette dernière est comme étrangère à son propre témoignage, seulement désignée par la troisième personne. Puis survient une autre voix, qui la tire de sa torpeur, et elle effectue la grande traversée. Elle se rend enfin à l'hôpital pour y être soignée. Laure, une jeune fille au seuil de l'âge adulte, souffre d'anorexie mentale sévère : trente-six kilos pour un mètre soixante quinze lors de son admission en hospitalisation d'urgence. C'est un miracle qu'elle ne soit pas déjà morte ou dans un profond coma. Débute alors le récit d'une longue et tortueuse rémission au sein du service nutrition. Au gré des rencontres, des sorties et des rechutes, Laure va progressivement se rattacher à la vie par un fil, comme celui de ses tricots ou celui de la sonde naso-gastrique avec laquelle elle entretient un rapport difficile. Publié sous le pseudonyme de Lou Delvig en 2001, ce texte est le premier roman de Delphine de Vigan. Témoignage autobiographique en partie fictif, le personnage de Laure est librement inspiré de l'expérience de l'auteur : en hypokhâgne puis en khâgne, elle est progressivement tombée dans l'anorexie mentale et a vécu une hospitalisation de six mois après avoir passé le concours de l'École Normale Supérieure (ENS).

Delphine de Vigan

dimanche 31 mai 2026

Pleurer au supermarché de Michelle Zauner

Critique de Pleurer au supermarché de Michelle Zauner


Résumé :
Quatrième de couverture : Musicienne accomplie, new-yorkaise, amoureuse : à trente ans, tout semble sourire à Michelle, la chanteuse du groupe Japanese Breakfast. Pourtant, il lui arrive de pleurer au supermarché devant des boîtes de raviolis asiatiques. Depuis qu'elle a perdu sa mère, Michelle est bouleversée par des souvenirs qu'elle a longtemps fuis : ceux de cette figure maternelle coréenne si différente et exigeante, dont l'amour s'exprimait surtout à travers la cuisine. Avec pour fil rouge la gastronomie, Michelle raconte son enfance américaine, les vacances à Séoul, les tensions de l'adolescence, puis la maladie et le deuil impossible. C'est en se plongeant dans les recettes de sa mère qu'elle commence enfin à se réconcilier avec un pan de son histoire.
Tout juste au seuil de sa vie d'adulte, Michelle Zauner doit faire face au cancer de sa mère et très peu de temps après, à sa mort. Elle décède le 18 octobre 2014, à cinquante-six ans. Les lourds protocoles de soin, les séjours à l'hôpital, les fatigues, les empreintes sur le corps n'auront pas permis à Chongmi, sa maman, de repousser la maladie. Ce récit autobiographique revient sur la difficile expérience du deuil et de la disparition d'un modèle à un âge où Michelle devient une femme et construit sa propre vie. Cette thématique vient croiser celle de l'identité puisque Michelle est née à Séoul d'une mère coréenne et d'un père américain. Comment pleinement recevoir cet héritage coréen alors que le passeur a disparu et qu'elle s'est pleinement installée aux États-Unis ? De l'adolescence difficile à l'âge adulte, ce texte est une magnifique ode à l'amour filial.

Michelle Zauner et sa maman Chongmi

dimanche 24 mai 2026

Lire Lolita à Téhéran d'Azar Nafisi

Critique de Lire Lolita à Téhéran d'Azar Nafisi


Résumé :
Quatrième de couverture : Pour avoir refusé de porter le voile, Azar Nafisi doit quitter l'université de Téhéran. Elle décide alors de réunir sept de ses étudiantes pour des cours clandestins dans l'intimité de son salon. Qu'elles soient conservatrices ou progressistes, croyantes ou laïques, elles vont débattre avec passion : Lolita, Gatsby le Magnifique, Orgueil et Préjugés... Elles découvrent le pouvoir de la fiction et ses répercussions sur leur vie personnelle : l'imagination comme arme de résistance et gage de liberté. D'une richesse infinie, parfois drôle et souvent héroïque, Lire Lolita à Téhéran nous montre le quotidien de ces femmes au coeur de la République islamique. Vibrant, déchirant, inoubliable.
En 1995, Azar Nafisi, professeur à l'université, décide de démissionner. Enseigner la littérature mondiale en Iran, sous le régime de la République islamique, est en effet devenu un travail constant d'équilibriste, quasiment impossible à mener. Pourquoi ? Il suffit de considérer la charge subversive qui se coule dans ces ouvrages : Nabokov, Henry James, Gustave Flaubert, Fitzgerald et même... Jane Austen ! Elle décide alors de former un cénacle d'un type particulier : chez elle, les jeudis, viendront se réunir certaines de ses étudiantes. Elles sont toutes différentes : sensibilités religieuses, idées politiques, trajectoires de vie, âges, situations matrimoniales... mais, réunies par l'amour de la littérature, elles parviendront à former un véritable chœur de femmes, aussi battant que combattant.

Azar Nafisi

jeudi 15 décembre 2016

Sur les chemins noirs de Sylvain Tesson

Critique de Sur les chemins noirs de Sylvain Tesson


Résumé :
Quatrième de couverture : Il m'aura fallu courir le monde et tomber d'un toit pour saisir que je disposais là, sous mes yeux, dans un pays si proche dont j'ignorais les replis, d'un réseau de chemins campagnards ouverts sur le mystère, baignés de pur silence, miraculeusement vides.
La vie me laissait une chance, il était donc grand temps de traverser la France à pieds sur mes chemins noirs.
Là, personne ne vous indique comment vous tenir, ni quoi penser, ni même la direction à prendre.
Écrivain-voyageur, Sylvain Tesson a sillonné la Sibérie, chevauché dans les steppes et campé sur les bords du lac Baïkal. Mais c'est un récit de voyage d'un autre genre qu'il raconte dans Sur les chemins noirs. Alors qu'il fêtait la publication prochaine d'un de ses livres, il fait une chute de près de dix mètres en escaladant la façade d'une maison. Après une dizaine de jours passée dans le coma, il débute une longue période de rémission à l'hôpital mais conserve de graves séquelles de cet accident. Etant encore alité, il se promet de réaliser un tour de France dès qu'il pourra marcher librement à nouveau. Il remarque, avec beaucoup d'ironie, que bien qu'il connaisse la Sibérie et même l'Himalaya, la France et ses régions ne lui sont pas familières. Il décide alors d'aller à la découverte de son propre pays dans le cadre d'un périple intime, par ce qu'il appelle "ses chemins noirs", c'est-à-dire les petits chemins des zones hyper-rurales, tout juste répertoriés sur les cartes de l'IGN au 25 000e. Du Mercantour jusqu'au Cotentin, il traverse le pays par la diagonale du fou, privilégiant les espaces solitaires, et livre au lecteur, pas à pas, ses impressions de voyage.



mercredi 7 septembre 2011

La Route de Los Angeles de John Fante

Critique de La Route de Los Angeles de John Fante


Résumé :
Quatrième de couverture : "La Route de Los Angeles, premier roman de John Fante, a été écrit en 1933 mais publié après sa mort, en 1986. Il y raconte la bourlingue américaine classique : recherche de petits boulots, vie de bagarres et de vols, personnages gueulards rencontrés sur les quais ; ajoutez une forme d'humour sauvage, cinglant et de plein air. John Fante, avant les beatniks, a raconté l'aventure des laissés-pour-comte, des ivrognes. La Route de Los Angeles, c'est déjà le bréviaire d'une Amérique vulgaire et mal élevée." Jacques-Pierre Amette, Le Point.
La Route de Los Angeles nous propose de suivre quelques temps les pérégrinations d'Arturo Bandini un personnage récurrent dans l’œuvre de John Fante. Cet adolescent que l'on retrouvera plus âgé dans Demande à la poussière est un caractère à large part autobiographique. 
Arturo Bandini entre à peine dans l'âge adulte, plein d'orgueil et de vanité il lit Nietzsche, Schopenhauer et clame sous tous les toits qu'il est écrivain. De petits boulots en petits boulots, de la bibliothèque au parc : il erre sans but. Il n'aime pas ses collègues de la conserverie, il n'aime pas les patrons, il n'aime pas sa sœur. Bandini se place tout entier en opposition avec son univers qu'il s'apprête à quitter.
Ce livre se lit finalement comme une véritable introduction au départ.

vendredi 26 août 2011

Sur ma route de Carolyn Cassady

Critique de Sur ma route de Carolyn Cassady

Résumé : 
Quatrième de couverture : Lorsqu'en mars 1947 Carolyn rencontre Neal Cassady, sa vie bascule. Tout comme Jack Kerouac un an plus tôt à New York, elle se laisse séduire par ce voyou au futur incertain, qui deviendra le modèle de Dean Moriarty dans Sur la route, la figure rêvée de la Beat Generation.
Le récit enlevé, teinté d'humour, dévoile le comment de cette amitié fraternelle, voire amoureuse entre Jack et Neal. "Ces hommes, révèle Carolyn, osaient vraiment vivre comme des héros." Et de constater : "A leur contact, j'ai été à mon tour mordue par cette rage, par cet appétit."
Lit à trois places, lit à quatre places (Allen Ginsberg ne tarde pas à compliquer l'équation), le désir beatnik est multiple. Et Sur ma route démontre que cet enchevêtrement des corps et cet imbroglio des sentiments furent le ferment, la sève de la création. Reflet de toute l'énergie créative et poétique du mouvement, Sur ma route est l'histoire authentique de ces icônes qui captivèrent l'imagination de la jeunesse américaine emportant le pays dans le tourbillon des années 60. La naissance d'un mythe.
Carolyn n'est qu'une jeune femme lorsqu'elle rencontre Neal Cassady. Élevée par une famille très respectueuse des principes et des vertus, elle se voit projetée dans un monde qui n'est pas le sien. Très rapidement, elle tombe amoureuse de cet homme qui semble si atypique, si plein de vie et d'énergie. Malgré leurs différences, ils se marient et à plusieurs reprises Carolyn tombe enceinte.
Carolyn Cassady est un personnage effacé de la Beat Generation en ce sens que la folie du voyage représentait pour elle un danger. Elle nous raconte sa vie commune avec Neal, ses joies et ses peines. Tout au long de sa vie, elle souffre de cette union qui tranche si brutalement avec ses principes. En effet, Neal a des relations extra-conjugales, veut se remarier, fait des enfants à d'autres femmes etc. L'auteure se sent souvent abandonnée malgré la présence d'Allen Ginsberg, d'Helen ou encore de Jack (avec qui elle aura une liaison) qui sont des amis qui la soutiennent.
Bien souvent c'est seule qu'elle sera amenée à se confronter avec la réalité. Alors que Neal est en voyage elle travaille pour payer leurs dettes, alors que Neal est en prison, elle s'occupe de leurs enfants. Sur ma route raconte la vie de cette femme depuis sa rencontre avec Neal Cassady jusqu'à la mort de celui-ci.

mardi 23 août 2011

La Faim de Knut Hamsun

Critique de La Faim de Knut Hamsun

Résumé :
Quatrième de couverture : La seule chose qui me gênât un peu, c'était, malgré mon dégoût de la nourriture, la faim quand même. Je commençais à me sentir de nouveau un appétit scandaleux, une profonde et féroce envie de manger qui croissait et croissait sans cesse. Elle me rongeait impitoyablement la poitrine ; un travail silencieux, étrange, se faisait là-dedans. K. H. 
"On tourne les feuillets de ce livre étrange. Au bout de peu de temps on a des larmes et du sang plein les doigts, plein le cœur. [...] La faim est le sujet même du livre avec tous les troubles intellectuels qu'entraîne une inanition prolongée. C'est moins un héros de roman qu'un cas clinique." André Gide.
Un homme, dont on ne connaît pas le nom, erre dans la ville le ventre vide. Voilà l'intrigue principale de ce roman spécial et dérangeant qui nous confronte directement avec le sentiment brut de la faim. L'homme est sans argent, sans travail, sans logement parfois et souvent sans nourriture pour se remplir l'estomac. Ainsi ce narrateur particulier tente de survivre par divers arrangements et essaie tant bien que mal d'oublier  le tiraillement de la faim. Cette faim omniprésente fait d'ailleurs figure de personnage principal éponyme. Le narrateur semble systématiquement perdu dans ses réflexions à travers un monologue intérieur incessant qui tombe parfois dans le délire. Ce récit non dénué d'humour pose aussi la question de la frontière mince entre le moral et l'immoral. Peut-on voler quand il s'agit de notre survie? La faim justifie-t-elle la malhonnêteté? La Faim est une histoire poignante qui nous fait également prendre la mesure des conséquences d'une sous alimentation sur le corps et l'esprit.

mercredi 20 juillet 2011

La chute de cheval de Jérôme Garcin

Critique de La chute de cheval de Jérôme Garcin


Résumé :
Quatrième de couverture : « Mon père est mort d’une chute de cheval le samedi 21 avril 1973, veille de Pâques, dans l’insoucieuse et très civilisée forêt de Rambouillet. Il avait quarante-cinq ans, j’allais en avoir dix-sept. Nous ne vieillirons pas ensembles. »
Longtemps après l’accident, Jérôme Garcin sacrifie lui aussi à cette passion pour le cheval qui coûta la vie à son père, éditeur et critique.
Dans un récit où il place l’art équestre à la hauteur d’un exercice de style et établit de nombreuses correspondances entre la Haute Ecole et la littérature, il décrit ses bonheurs de cavalier buissonnier au cœur du pays d’Auge, ressuscite la figure hugolienne de François Baucher, portraiture son ami Bartabas, visite  le légendaire Cadre Noir de Saumur, relit avec la même émotion les traités d’écuyers et Milady, de Paul Morand, trouve dans l’œuvre de Géricault – mort à trente-trois ans après une chute de cheval -  l’écho de ses propres emballements, et fait un persistant éloge de la fuite. Au galop. Prix Roger-Nimier 1998.
La chute de cheval décrit l’accomplissement d’un amour impossible. La mort de Philippe Garcin, le père de Jérôme Garcin survient alors que ce dernier commence tout juste à devenir un adulte. Cette mort prématurée sera entourée d’un halo de mystère puisque l’homme fut retrouvé à terre sans connaissance, son cheval Quinquina broutant près de lui.
L’auteur se construit peu à peu et se découvre un intérêt profond pour la littérature, mais ce n’est pas la seule passion qu’auront en commun le père et le fils. Jérôme Garcin commence à monter à cheval, d’abord timidement jusqu’à ce que la passion le prenne à la gorge et qu’il y consacre lui aussi presque toute sa vie.
Le père décédé devient alors sous la plume de son fils, comme un Molière cavalier qui clôtura par sa chute, l’ultime œuvre de sa vie.

mardi 24 mai 2011

Le guitariste nomade de Miguel Haler

Critique du Guitariste nomade de Miguel Haler



Résumé :
Quatrième de couverture : Troubadour des temps modernes, Miguel Haler est né à la croisée de deux cultures, nomade par son grand-père maternel, sédentaire par son père.
A travers son livre, l’auteur retrace avec verve et truculence ses longues années de bohème et renouvelle avec bonheur le genre de « On the road ».
Dans un récit bouillonnant, où le cocasse côtoie le tragique, mêlant poésie vagabonde des gitans et accents populaires du monde ouvrier, Miguel Haler nous raconte comment il a décidé et réussi à ne vivre que de sa guitare.
« Le guitariste nomade » est la description d’une errance, d’une quête, d’un art de vivre avec une guitare, pour elle et par elle, comme le font certains gitans…
Péripéties vagabondes d’un homme pas très ordinaire qui croit à son destin en l’homme et qui nous dit comment rencontres, amitiés et amours l’ont amené à considérer à la fois la beauté et l’éphémère de l’existence.
Le guitariste nomade c’est tout simplement un récit de vie. Mais il ne faut pas lire ce livre comme un au revoir mais plutôt comme une célébration : la célébration de l’instant et, grâce à la considération du temps passé, des choses à venir. Miguel Haler, profondément marqué par la flamme gitane, a fait chanter sa guitare par-delà les frontières des pays et par delà-même la frontière entre la mort et la vie. En effet, après de nombreux spectacles il finit par jouer dans des maisons de retraites et des hôpitaux pour y faire office de « passeur d’âmes ». Cette expression est une des clefs du livre et elle en composera d’ailleurs ses derniers mots.
Miguel Haler nous livre ici un peu de sa vie de voyages et de musiques et nous fait profiter à nous aussi de son don de passeur en nous transportant vers d’autres horizons, sur les chemins la guitare sur le dos.

lundi 23 mai 2011

Celui qui n'aimait pas lire de Mikaël Ollivier

Critique de Celui qui n'aimait pas lire de Mikaël Ollivier


Résumé :
La trame de ce livre est très simple. Un écrivain, Mikaël Ollivier nous avoue que lorsqu’il était enfant, il n’aimait pas lire. De la peur panique de la récitation jusqu’à son désintérêt profond pour Le Rouge et le Noir de Stendhal, l’auteur n’oublie rien des événements qui ont jalonné sa vie d’enfant qui n’aime pas lire. Alors que son frère dévore Guerre et Paix de Tolstoï à treize ans ( ! ), il considère les livres uniquement comme des remèdes à l’orthographe approximative. Mais les intérêts évoluent et finalement, l’auteur découvre pour la première fois la véritable lecture…

vendredi 20 mai 2011

Tsiganes de Jan Yoors

Critique de Tsiganes de Jan Yoors

Résumé :
Quatrième de couverture : Dans une ville de Flandres de l’entre-deux guerre, un gosse de douze ans observe un campement de nomades. Il y rencontre d’autres enfants, sympathise, oublie l’heure et disparaît pendant six mois. Quand il revient, c’est pour annoncer à ses parents qu’il part sur la route avec des dresseurs de chevaux, vivre avec eux la fraternité du voyage, les itinéraires secrets, et partager les hérissons grillés au coin du feu. Chose incroyable, sa famille accepte. C’est cette histoire, la sienne, que Jan Yoors raconte, dans ce qui est devenu un bréviaire de l’insoumission et un témoignage inespéré sur la culture de tout un peuple : un peuple affamé de liberté, fascinant et pourtant tellement méconnu.

« Tsiganes est le livre le plus concret et le plus visuel jamais écrit sur les Tsiganes… Un récit miracle où la réalité la plus exacte, la plus nue, semble battre au rythme même de la légende. » JACQUES MEUNIER
Dans ce livre, Jan Yoors nous transmet son expérience de façon très réaliste. Car à peine enfant, il a déjà adopté un regard de détail sur le monde qui l’entoure. Il est capable de décrire très minutieusement ce qu’il voit sans pour autant tomber dans l’interprétation ethnocentrique des faits. C’est justement un don remarquable dans le cadre d’un tel texte. De plus Jan Yoors qui a été agent de liaison entre les tsiganes et les Forces Alliées pendant la Seconde Guerre mondiale a véritablement vécu de très longues années au sein du peuple qu’il décrit. Considéré comme un tsigane il parle même le romani et se voit proposer un mariage avec une tsigane.
Le fait que l’auteur ait réellement vécu cette vie fait qu’immanquablement son témoignage possède une valeur de vérité incontestable. D’ailleurs il surpasse de loin toutes les affabulations sur ce peuple pondues jusqu’alors. Une question se pose donc, cher lecteur, es-tu prêt à être emporté dans le tourbillon de la poussière des chemins, sur les talons des roulottes de ce peuple mythique ?