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dimanche 24 mai 2026

Lire Lolita à Téhéran d'Azar Nafisi

Critique de Lire Lolita à Téhéran d'Azar Nafisi


Résumé :
Quatrième de couverture : Pour avoir refusé de porter le voile, Azar Nafisi doit quitter l'université de Téhéran. Elle décide alors de réunir sept de ses étudiantes pour des cours clandestins dans l'intimité de son salon. Qu'elles soient conservatrices ou progressistes, croyantes ou laïques, elles vont débattre avec passion : Lolita, Gatsby le Magnifique, Orgueil et Préjugés... Elles découvrent le pouvoir de la fiction et ses répercussions sur leur vie personnelle : l'imagination comme arme de résistance et gage de liberté. D'une richesse infinie, parfois drôle et souvent héroïque, Lire Lolita à Téhéran nous montre le quotidien de ces femmes au coeur de la République islamique. Vibrant, déchirant, inoubliable.
En 1995, Azar Nafisi, professeur à l'université, décide de démissionner. Enseigner la littérature mondiale en Iran, sous le régime de la République islamique, est en effet devenu un travail constant d'équilibriste, quasiment impossible à mener. Pourquoi ? Il suffit de considérer la charge subversive qui se coule dans ces ouvrages : Nabokov, Henry James, Gustave Flaubert, Fitzgerald et même... Jane Austen ! Elle décide alors de former un cénacle d'un type particulier : chez elle, les jeudis, viendront se réunir certaines de ses étudiantes. Elles sont toutes différentes : sensibilités religieuses, idées politiques, trajectoires de vie, âges, situations matrimoniales... mais, réunies par l'amour de la littérature, elles parviendront à former un véritable chœur de femmes, aussi battant que combattant.

Azar Nafisi

samedi 16 mai 2026

Le Club des divorcés, tome 1 et 2 de Kazuo Kamimura

Critique du Club des divorcés de Kazuo Kamimura

Résumé :
Quatrième de couverture : Le combat quotidien d'une femme divorcée dans le Japon des années 70. Une œuvre forte et bouleversante signée Kazuo Kamimura.
Dans le quartier de Ginza à Tokyo, Yûko, une jeune tenancière de club, fraîchement divorcée, travaille beaucoup de nuit pour maintenir son affaire à flot. Maman d'Asako, une petite fille de trois ans, cette dernière vit chez sa grand-mère et ne voit sa maman que le dimanche, témoin des déchirements qui frappent ses parents. Le statut de divorcée n'est pas toujours facile à porter dans la société japonaise des années 1970, d'autant plus que Yûko le cumule avec celui de tenancière de club. Le lecteur découvre toute une galerie de personnages aux histoires et aux statuts variés.
C'est le quotidien singulier d'une femme qui révèle beaucoup de choses sur la condition féminine au sein d'une société traditionnelle et moderne. Elle doit mener de concert sa vie de famille, sa vie professionnelle et sa vie amoureuse. Bien sûr, cela n'évolue pas dans des sphères hermétiques et tout finit par s'interpénétrer. Au club, elle manage une équipe et gère des clients, elle fait face à des problèmes financiers car, en plein choc pétrolier au Japon, les clients désertent son bar. Malgré tout cela, il y a une place pour la poésie et la méditation, une place pour la peine et pour la colère, et une place pour le rire aussi... parfois.





jeudi 9 août 2018

L'Œuvre au Noir de Marguerite Yourcenar

Critique de L'Oeuvre au Noir de Marguerite Yourcenar


Résumé :
Quatrième de couverture : En créant le personnage de Zénon, alchimiste et médecin du XVIe siècle, Marguerite Yourcenar, l'auteur des Mémoires d'Hadrien, ne raconte pas seulement le destin tragique d'un homme extraordinaire. C'est toute une époque qui revit dans son infinie richesse, comme aussi dans son âcre et brutale réalité : un monde contrasté où s'affrontent le Moyen Âge et la Renaissance, et où pointent déjà les temps modernes, monde dont Zénon est issu, mais dont peu à peu cet homme libre se dégage, et qui pour cette raison même finira par le broyer.
L'Oeuvre au Noir a obtenu en 1968 le prix Femina à l'unanimité.
Au coeur du XVIe siècle naît, vit et meurt Zénon, fils bâtard de Messer Alberico de' Numi jeune courtisan chez les Borgia et d'Hilzonde Ligre, soeur d'Henri-Juste Ligre, un flamand épris d'Italie qui accueille ce dernier chez lui. Son statut dans la société prédestine Zénon à des études de théologie pour intégrer l'Église mais très tôt, l'enfant témoigne de capacités remarquables pour l'étude. Grâce à l'enseignement du beau-frère d'Henri-Juste, le chanoine de Saint-Donatien à Bruges Bartholommé Campanus, il apprend rapidement le latin, un peu de grec et les fondamentaux de l'art alchimique. À Bruges, il fréquente également des garçons du peuple comme Jean Myers ou encore Colas Gheel qui développent chez lui un amour de l'expérimentation pratique. Pour confirmer son aspiration à la prêtrise, il s'inscrit à l'École de théologie très renommée de Louvain. Ainsi débute le parcours de Zénon, personnage fictif dont le destin de médecin philosophe ranime les débats, les controverses et les passions qui travaillèrent le XVIe siècle.

L'Homme de Vitruve, dessin annoté de Léonard de Vinci, vers 1490.


lundi 4 juillet 2016

Les Antimodernes d'Antoine Compagnon

Critique des Antimodernes de Joseph de Maistre à Roland Barthes d'Antoine Compagnon



Résumé :
Quatrième de couverture : Qui sont les antimodernes? Non pas les conservateurs, les académiques, les frileux, les pompiers, les réactionnaires, mais les modernes à contrecœur, malgré eux, à leur corps défendant, rétifs au modernisme naïf et zélateur du progrès.
Quelques grands thèmes - dégagés à partir de la lecture de Joseph de Maistre, Chateaubriand, Baudelaire, Flaubert d'un côté, de l'autre Proust, Caillois ou Cioran - caractérisent le courant antimoderne aux XIXe et XXe siècles : historique, la contre-révolution ; philosophique, les anti-Lumières ; moral, le pessimisme ; religieux, le péché originel ; esthétique, le sublime ; et stylistique, la vitupération.
Antoine Compagnon examine quelques configurations antimodernes majeures : Lacordaire, Léon Bloy, Péguy, Albert Thibaudet et Julien Benda, Julien Gracq et, enfin, Roland Barthes, "à l'arrière-garde de l'avant-garde", comme il aimait se situer.
Les antimodernes ont été le sel de la modernité, son revers ou son repli, sa réserve et sa ressource. Sans l'antimoderne, le moderne courait à sa perte, car les antimodernes ont donné la liberté aux modernes : ils ont été les modernes plus la liberté.
Par la dénomination d'antimoderne, Antoine Compagnon essaie de qualifier un profil particulier d'écrivains du XIXe et du XXe siècles à partir de Joseph de Maistre. Il n'entend pas par "antimoderne" quelqu'un qui s'oppose à la modernité ou tend à la récuser, à la rejeter. Au contraire l'antimoderne doit avoir goûté à la modernité, y avoir cru mais s'en être détaché ou entretenir un rapport ambivalent avec elle. Par conséquent, l'antimoderne peut relever de profils très hétéroclites, ce qui explique la diversité et la multiplicité des auteurs convoqués par Antoine Compagnon dans l'ouvrage : Joseph de Maistre, Baudelaire, Péguy, Thibaudet ou encore Jean Paulhan, Julien Benda et Julien Gracq, autant d'écrivains très différents.
La première partie de l'essai intitulée "les idées" donne quelques traits caractéristiques, selon l'auteur, des antimodernes. Ils sont opératoires à des plans divers (religieux, esthétique, stylistique...). La seconde partie, plus longue, est intitulée quant à elle "les hommes" et se subdivise en chapitres consacrés à un ou plusieurs auteurs jugés antimodernes. Les portraits se distinguent par une attention importante consacrée à l'homme, à son ancrage social et politique dans la société ainsi qu'à son rapport avec les institutions littéraires. Les citations fréquentes permettent au lecteur de juger "sur pièces" et de confronter, au fil de la lecture, les différents profils pour tenter de lier ces écrivains les uns aux autres.

vendredi 26 février 2016

Vers le Phare de Virginia Woolf

Critique de Vers le Phare de Virginia Woolf

Résumé :
Quatrième de couverture : Une soirée d'été sur une île au large de l'Écosse. Pôle de convergence des regards et des pensées, Mrs Ramsay exerce sur famille et amis un pouvoir de séduction quasi irrésistible. Un enfant rêve d'aller au Phare. L'expédition aura lieu un beau matin d'été, dix ans plus tard. Entretemps, mort et violence envahissent l'espace du récit. Au bouleversement de la famille Ramsay répond le chaos de la Première Guerre mondiale. La paix revenue, il ne reste plus aux survivants désemparés, désunis, qu'à reconstruire sur les ruines. Des bonheurs et des déchirements de son enfance, Virginia Woolf a fait la trame d'une œuvre poétique, lumineuse et poignante qui dit encore le long tourment de l'écriture et la brièveté de ses joies : visions fragiles, illuminations fugaces, «allumettes craquées à l'improviste dans le noir».
La famille Ramsay - un couple et leurs huit enfants - se construit autour de deux piliers : la mère et le père. Deux figures complexes traversées de questionnements et d'impressions profondes. Chaque personnage travaille intérieurement pour créer un quotidien routinier qui se développe sans heurts. Ainsi transparaît de la maisonnée une impression de paix mais sous la surface des foyers de tension rougeoient de temps à autre. Des personnages légèrement excentrés du noyau familial et pourtant constamment présent éclairent le tableau de leur regard et ajoutent au récit leurs propres enjeux personnels. Tout ce mouvement converge vers un horizon : le phare. Ce chemin que l'on souhaite parcourir ensemble est peut-être une métaphore de la vie. Y a-t-il une recette au bonheur? La joie peut-elle durer dans le temps? Faut-il sacrifier son individualité pour créer une harmonie familiale?

lundi 22 février 2016

La Marche de Radetzky de Joseph Roth

Critique de La Marche de Radetzky de Joseph Roth

Résumé :
Quatrième de couverture  : Sur le champ de bataille de Solferino, le sous-lieutenant von Trotta sauve la vie de l'empereur d'Autriche. Cet acte lui vaut d'être anobli. Arrachés à leur condition de paysans slovènes, les membres de la famille von Trotta voient leur destin bouleversé. Sur trois générations, l'auguste faveur se transforme en une malédiction irrémédiable... Un requiem sur la chute de la monarchie austro-hongroise.
Cette fresque sur trois générations débute à partir de la prouesse du grand-père Trotta, alors dans l'infanterie, qui préserve de justesse et en mettant en danger sa propre vie l'existence du jeune empereur. Ce haut fait d'armes est largement relayé comme un exploit de bravoure et vaut à son auteur d'être décoré de la plus haute distinction militaire, l'ordre de Marie-Thérèse. Par ailleurs le jeune sous-lieutenant Trotta entre dans la noblesse et prend pour nom "Joseph Trotta von Sipolje", plus tard il recevra même le titre de baron. Ses origines slovènes transparaissent encore dans la mention de "Sipolje" mais un fossé tacite s'est creusé entre lui et ses ancêtres. Sa descendance va alors amorcer un lent déclin. Le jeune empereur traverse le roman jusqu'à atteindre une vieillesse avancée, il semble être le symbole de l'Empire austro-hongrois tout entier qui se délite année après année. Ces deux échelles, celle de l'Empire et celle de la famille Trotta, marquent deux itinéraires parallèles qui se figurent l'un l'autre. Et c'est aussi la faillite d'une vision du monde, d'un rêve où des contrées de langues, de religions et d'ethnies différentes pourraient cohabiter sous une même bannière patriotique et identitaire.

samedi 18 août 2012

Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez

Critique de Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez

Résumé :
Quatrième de couverture : Une épopée vaste et multiple, un mythe haut en couleurs plein de rêve et de réel. Histoire à la fois minutieuse et délirante, d'une dynastie : la fondation, par l'ancêtre d'un village sud-américain isolé du reste du monde ; les grandes heures marquées par la magie et l'alchimie ; la décadence ; le déluge et la mort des animaux. Ce roman proliférant, merveilleux et doré comme une enluminure, est à sa façon un Quichotte sud-américain : même sens de la parodie, même rage d'écrire, même fête cyclique des orages et des mots.
José Arcadio Buendia et Ursula Iguarán sont cousins germains mais s'engagent pourtant dans une liaison incestueuse. Une menace évidente de consanguinité pèse sur cette union qui répond à celle de la tante d'Ursula mariée à l'oncle de José Arcadio. En effet, cette alliance première avait engendré un enfant à queue de cochon. Ursula vit alors dans la crainte de donner naissance à une créature similaire et refuse de se donner à son mari José Arcadio qui doit essuyer les propos dégradants d'impuissance qui circulent dans le village de Riohacha à son sujet. À l'occasion d'un combat de coqs, un homme - Prudencio Aguilar - mentionne la rumeur en face de José Arcadio qui décide de le provoquer en duel et le tue. Le couple décide alors de fuir Riohacha avec certains villageois et ils fondent finalement le village de Macondo. Débute alors une large fresque familiale et humaine racontant le quotidien d'une lignée condamnée à cent ans de solitude.

mardi 17 juillet 2012

Cap sur la gloire d'Alexander Kent

Critique de Cap sur la gloire d'Alexander Kent

Résumé :
Quatrième de couverture : Le capitaine de la frégate Richard Bolitho, en ce mois de janvier 1782, aurait dû être porté par la seule fierté d'aller prêter main-forte aux corsaires de la Révolution américaine naviguant au large des Caraïbes. Las!, son équipage est au bord de la mutinerie. Ces hommes, gueux, meurtriers ou paysans arrachés à leur terre à coups de gourdin, vont côtoyer le pire : chefs hagards couverts de débris humains, compagnons au ventre ouvert s'arrachant les entrailles pour en finir, membres tranchés glissant dans la mélasse pourpre... Oui, le jeune Bolitho aurait dû être fier. En aura-t-il seulement le temps?
Richard Bolitho reprend le commandement de la Phalarope une frégate belle et puissante mais dont l'équipage est sur le point de se mutiner. Saura-t-il gagner la confiance de son équipage pour parvenir à mener à bien sa mission de soutien aux révolutionnaires américains? Le voyage réserve à Bolitho et à son équipage bien des surprises et on devine que ce qui les attend est bien pire qu'un petit mal de mer...

vendredi 6 juillet 2012

Écrivain cherche place concierge de Nicolas Ancion

Critique d'Écrivain cherche place concierge de Nicolas Ancion

Résumé :
Quatrième de couverture : "Victor a les cheveux noirs, comme les poils que sa mère cachait sous ses bras ; il ne porte pas de lunettes, comme le chat qu'il n'a jamais eu lorsqu'il était enfant ; il s'est mis à ronfler sur le tard, comme à jouer aux échecs et à écrire des livres. Car Victor écrit. Pas beaucoup. Juste ce qu'il faut pour n'être pas complètement chômeur." Ecriv. ch. pl. concierge. C'est avec cette petite annonce que Victor, jeune écrivain paresseux et sans le sou, a décidé de trouver du boulot. Concierge, n'est-ce pas l'occupation idéale pour écrire au calme? Surtout quand il s'agit simplement de garder un château, perdu au milieu de la campagne. Mais la campagne n'est plus ce qu'elle était. Bien sûr, il reste les fermes en pierres de taille, les bouses de vache, l'herbe humide sous les pieds nus. Mais il faut ajouter à cela les trajets de bus interminables,  les mariages qui tournent mal, les mobylettes et les motos, les filles en tenue de tennis, et, par-dessus tout, un lapin en peluche et un ours amateur de gâteaux au chocolat. On le comprend, au milieu de tout ça, Victor n'a plus vraiment ni le temps, ni l'envie d'écrire.
Entre une petite chambre dont le loyer est en "stand by" depuis quelques mois, les flâneries dans la ville ou encore les jeunes filles qui ne rappellent pas, difficile de trouver le temps d'écrire! Que penser alors d'une place sympa en tant que concierge dans un château? Intéressant pour se poser et se mettre au travail à tête reposée. Mais voilà, l'écrivain n'est pas au bout de ses surprises : son collègue majordome est un lapin en peluche et il aura pour hôte... un ours brun! Et si c'était l'imagination qui lui jouait un tour?

mardi 19 juin 2012

Une mémoire pour l'oubli de Mahmoud Darwich

Critique de Une mémoire pour l'oubli de Mahmoud Darwich

Résumé :
Quatrième de couverture : En ce jour d'août 1982, les troupes israéliennes assiègent Beyrouth et la résistance palestinienne se résout à un nouvel exil. Prisonnier entre les murs de son appartement, dans la ville bombardée, Mahmoud Darwich tente douloureusement de rallier le territoire impossible de la mémoire. Pour dire la complexité du réel, les angoisses de l'enfermement, la folie de la guerre et l'au-delà des souvenirs et des espoirs, l'écrivain compose un récit mêlant dialogues imaginaires, textes du patrimoine arabe classique et poèmes en prose.
Chronique amoureuse d'une ville ou la violence mortelle a effacé les frontières supposées du corps et de l'esprit, de l'amour et du politique, Une mémoire pour l'oubli recueille les fragments d'un passé éclaté et témoigne de l'inévitable travail du deuil et de l'oubli. 
À quoi peut bien penser un homme retranché dans son appartement au beau milieu d'une ville bombardée? Entre le café matinal, l'eau, le chant des oiseaux ou encore l'identité d'un peuple, l'esprit du poète vagabonde de sujets en sujets et jamais ne se fixe pour éviter l'horreur. Cependant, les préoccupations graves et les souvenirs douloureux n'ont de cesse de resurgir et viennent confirmer la cruelle réalité : Beyrouth, un jour d'août 1982.


mercredi 13 juin 2012

La Nuit des enfants rois de Bernard Lenteric

Critique de La Nuit des enfants rois de Bernard Lenteric

Résumé :
Quatrième de couverture : Tout commence une nuit, dans Central Park, à New York : sept adolescents sont sauvagement agressés, battus, certains violés. Mais ces sept-là ne sont pas comme les autres : ce sont des enfants-génies. De l'horreur, ils vont tirer contre le monde une haine froide, mathématique, éternelle. Avec leur intelligence, ils volent, ils accumulent les crimes parfaits. Car ces sept-là ne sont pas sept, ils sont un. Ils sont un seul esprit une seule volonté. Celui qui l'a compris, Jimbo Farrar, lutte contre eux de toutes ses forces. À moins qu'il ne soit de leur côté... Alors, s'ils étaient huit, le monde serait à eux et ce serait la nuit, la longue nuit, la Nuit des enfants rois.
Ils sont sept. Rassemblés par un ordinateur surpuissant, ces enfants surdoués sont visiblement promis à réaliser de grandes choses ensembles. Cependant, un soirs où ils se réunissent secrètement pour la première fois à Central Park, ils sont attaqués violemment par une bande de criminels. À partir de là, tout change. Les enfants décident de conjuguer leurs forces pour faire le mal. Et si la seule personne capable de les arrêter était celle qui les avait réunis?

mardi 12 juin 2012

Voyage au Congo suivi de Le Retour du Tchad d'André Gide

Critique de Voyage au Congo suivi de Le Retour du Tchad d'André Gide

Résumé :
Quatrième de couverture : Récit d'un séjour en Afrique Équatoriale Française où l'émerveillement devant la nature sauvage se conjugue à l'indignation face au sort des colonisés. Un des premiers réquisitoires contre le colonialisme, bref, mais efficace et réaliste.
Porté par un désir d'ailleurs et un rêve de jeunesse, André Gide part pour l'Afrique Équatoriale Française où il réalise un voyage à pied, en bateau et en voiture. C'est au plus près des indigènes qu'il passe ses journées découvrant ainsi les merveilles du pays autant que les atrocités coloniales qu'il prend le parti de dénoncer dans son texte. Le grand sens de l'observation ainsi que la recherche perpétuelle de sentiers nouveaux qui caractérisent la démarche d'André Gide font tout le prix de ce récit de voyage qui s'avère être beaucoup plus qu'un compte-rendu des événements au jour le jour. L'émerveillement, la stupéfaction et l'horreur se conjuguent dans ce texte pour venir former une kyrielle d'émotions qui gravitent autour des mots et viennent le nourrir de sentiments contraires.

lundi 11 juin 2012

L'Iris de Suse de Jean Giono

Critique de l'Iris de Suse de Jean Giono



Résumé :

Quatrième de couverture : "L'iris de Suse n'a jamais été une fleur (il n'y a pas d'iris à Suse) ; c'était en réalité un crochet de lapis-lazuli qui fermait les portes de bronze du palais d'Artaxerxès (voir Mme Dieulafoy).
Ici, il n'est qu'un os minuscule, pas plus grand qu'un grain de sel (au surplus inventé) qui crochète la voûte crânienne des oiseaux.
Que de merveilles dans un crâne d'oiseau (imaginez!), autant que dans un palais persan.
J'ai eu plusieurs fois l'intention d'intituler ce récit L'Invention du zéro ; en effet, un de mes personnages est en définitive amoureux de ce symbole qui remplace dans la numération finie les ordres d'unités absentes et multiplie ainsi à l'infini toutes les mathématiques.
C'est aller plus loin que la lune, mais qui le saura?" Jean Giono
Tringlot est un enfant de l'assistance publique. Avec une bande de brigands il sillonne le pays en accumulant les larcins et les crimes. Un jour, poussé par la passion de l'or, il trahit ses comparses et s'enfuit avec le butin. Commence alors une traque sans merci, Tringlot se cache dans les montagnes avec l'aide du berger Louiset qui lui apprend l'amour de la terre. Tringlot va ensuite rencontrer Casagrande, un personnage de médecin qui habite le château de Quelte en compagnie de la baronne, un personnage féminin particulier qui après la mort de son mari semble s'être jetée corps et âme dans une passion destructrice avec Murataure, le forgeron du village. Casagrande passe ses journées à nettoyer des squelettes d'oiseaux et d'autres petits animaux afin de les reconstruire. Ce dernier apprend à Tringlot l'amour de l'essence, de la vie dans sa plus simple expression. Grâce à ces enseignements et à sa rencontre avec l'Absente - ce personnage de femme énigmatique qui semble souffrir d'autisme - Tringlot va troquer son amour de l'or contre une passion bien différente et bien plus précieuse...

mardi 5 juin 2012

Si c'est un homme de Primo Levi

Critique de Si c'est un homme de Primo Levi

Résumé :
Quatrième de couverture : "On est volontiers persuadé d'avoir lu beaucoup de choses à propos de l'holocauste, on est convaincu d'en savoir au moins autant. Et, convenons-en avec une sincérité égale au sentiment de la honte, quelquefois, devant l'accumulation, on a envie de crier grâce.
C'est que l'on n'a pas encore entendu Levi analyser la nature complexe de l'état du malheur. Peu l'ont prouvé aussi bien que Levi, qui a l'air de nous retenir par les basques au bord du menaçant oubli : si la littérature n'est pas écrite pour rappeler les morts aux vivants, elle n'est que futilité." (Angelo Rinaldi)
Si c'est un homme apparaît comme un grand texte de la littérature concentrationnaire. Il s'agit du témoignage de l'expérience des camps de Primo Levi. Au jour le jour, le lecteur partage le quotidien des déportés sans éclairage pathétique superflu. La réalité dans toute sa hideur. C'est un texte violent qui nous met face à l'inhumain. Ici, l'ennemi n'a pas de visage : c'est le bloc anonyme de l'idéologie fasciste tout entier qui est pointé du doigt et non ses subordonnés qui semblent n'être que des membres sans consciences propres d'un corps plus vaste. Ce témoignage relate donc l'horreur qui est d'autant plus frappante qu'elle s'ancre effectivement dans  l'Histoire contemporaine.

dimanche 27 mai 2012

La Condition humaine d'André Malraux

Critique de La Condition humaine d'André Malraux

Résumé :
Quatrième de couverture : "Si toute condition humaine n'est pas renfermée dans ces pages, du moins est-il certain qu'elle ne cesse pas d'y être en question, et si tragiquement, si profondément que le livre se trouve encore accordé par ses accents aux peines les plus lourdes et aux plus grandes souffrances. C'est un sûr gage de son exceptionnelle valeur. [...] La plus grande beauté du livre - et je ne dis rien de l'intensité de certaines descriptions ou de certaines scènes qui appellent l'image de reproduction cinématographique - est dans quelques conversations terriblement lucides au cours desquelles les personnages, haussés au-dessus d'eux-mêmes pas l’évènement, livrent tout leur secret. C'est là qu'il faut chercher l'esprit de l'oeuvre, la définition qu'on peut tirer de notre condition.
Nous sommes seuls, d'une solitude que rien ne peut guérir, contre laquelle nous ne cessons pas de lutter." Jean Guéhenno.
Début du XXème siècle en Chine : le territoire est morcelé par des forces et des blocs idéologiques qui s'affrontent. Les individualités sont broyées dans le tourbillon de l'Histoire alors qu'émergent des caractère noirs et pour lesquels toute projection dans l'avenir semble vaine et impossible. Cette interaction permanente entre les êtres et les forces fait jaillir l'image d'un Âge de Fer où le monde semble s'être immuablement précipité.

vendredi 25 mai 2012

Sous le soleil de Satan de Georges Bernanos

Critique de Sous le soleil de Satan de Georges Bernanos

Résumé :
Quatrième de couverture : Pour fuir le désespoir, l'hypocrisie et la misère, Mouchette, révoltée mystique, s'est jetée dans le vice et la violence avant de devenir la meurtrière de son amant. Sa rencontre avec l'abbé Donissan, bourreau d'ascétisme et humble vicaire hanté par la présence charnelle du démon, va sceller les destinées de ces deux âmes surnaturellement liées dans le combat furieux du bien et du mal.
La jeune Germaine Malorthy surnommée Mouchette sent sa jeunesse étouffer dans son cadre familial étroit. Alors qu'elle tente de découvrir l'amour et les choses de la vie, elle tombe dans les bras du marquis de Cadignan - un noble célibataire et de moeurs contestables - qui lui fait un enfant. Ce dernier refuse de reconnaître l'enfant et sa relation avec Mouchette. Dans sa détresse elle tente de chercher du soutien chez le docteur Gallet qu'elle prend pour amant mais se révèle être un caractère faible et insignifiant. Chaque jours davantage elle s'enfonce dans la folie et se perd. Parallèlement, l'abbé Donissan - un religieux qui semble un peu simple d'esprit mais apparemment doté d'une grâce extralucide - mène un combat intérieur permanent pour la Foi. Mais comment évoluer en état de Grâce dans un monde emplit de Tentations et d'appel au Mal?

mercredi 11 avril 2012

Intrigues de jungle et lois de basse-cour de Prijana Winduwinata

Critique de Intrigues de jungle et lois de basse-cour de Pak Prijana Winduwinata

Résumé :
Quatrième de couverture : Ces cinq contes animaliers, qui font penser entre autre à Orwell (Animal Farm), sont un exemple rare de satire, à l'époque où la République d'Indonésie se met en place sous la houlette de Sukarno (1945 - 1967). Et ils sont d'autant plus insolites qu'ils ont été écrits en langue javanaise et non en indonésien, la langue nationale. Les divers épisodes évoquent avec verve certains des écueils de la construction nationale et des travers sociaux eux aussi universels : les faux-semblants de la démocratie et les turpitudes de dirigeants sans scrupules, l'hypocrisie religieuse, la domination des mâles (celle des coqs sur les poules!), l'impossible consensus dans la quête d'une identité culturelle commune. Si le ton se veut toujours ironique et léger, la morale, elle, ne manquera pas d'apparaître quelque peu désabusée.
Ce petit recueil présente cinq contes satiriques écrits en langue javanaise. Chacune de ces petites histoires nous donne à voir différentes sociétés organisées au sein du règne animal. Le lecteur pourra ainsi découvrir la hiérarchie (démocratique) chez les singes, la constitution d'une association chez les poules ou encore la vie religieuse des moutons. Bien entendu il s'agit ici de substituer l'animal à l'homme pour pointer du doigt les travers de ce dernier en société. Le premier conte Anantaswara prend place chez les singes où règne un système soi-disant démocratique mais miné de l'intérieur par l'arrivisme et la démagogie. Le second conte a pour titre Des poules émancipées et raconte la constitution d'une association pour les droits de la poule contre l'oppression masculine dans une basse-cour. Vient ensuite le troisième conte Zulfulus dont l'histoire se déroule chez les puces qui tentent de mettre en place des relations diplomatiques et amicales entre plusieurs puciers. Enfin les deux derniers contes - Le Vénérable Prédedieu et Un congrès sur l'art de la danse - traitent respectivement d'une certaine hypocrisie religieuse et de la difficulté/dangerosité à vouloir uniformiser une culture au détriment de la richesse intrinsèque à celle-ci.

jeudi 15 mars 2012

Le Nom de la rose d'Umberto Eco

Critique du Nom de la Rose d'Umberto Eco

Résumé :
Quatrième de couverture : Rien ne va plus dans la chrétienté. Rebelles à toute autorité, des bandes d'hérétiques sillonnent les royaumes. En arrivant dans le havre de sérénité et de neutralité qu'est l'abbaye située entre Provence et Ligurie, en l'an de grâce et de disgrâce 1327, l'ex-inquisiteur Guillaume de Baskerville, accompagné de son secrétaire, se voit prié par l'abbé de découvrir qui a poussé un des moines à se fracasser les os au pied des vénérables murailles. Crime, stupre, vice, hérésie, tout va alors advenir en l'espace de sept jours.
Le Nom de la rose est d'abord un grand roman policier pour amateur de criminels hors pair qui ne se découvrent qu'à l'ultime rebondissement d'une enquête allant un train d'enfer entre humour et cruauté, malice et séductions érotiques.
XIIème siècle en Italie : les conflits religieux font rage et, alors que des chrétiens s'affrontent sur le terrain de divers débats théologiques, les hérétiques montent en puissance. Dans un tel climat de tension, des rivalités et des luttes intestines font surface. Peut-on aller jusqu'à tuer pour sauvegarder une certaine vision de la foi chrétienne? C'est ce que Guillaume de Baskerville et son jeune apprenti Adso sont sur le point de découvrir. Ils sont conviés dans une abbaye - célèbre pour abriter la plus grande bibliothèque de la chrétienté - qui souffre de l'enchaînement d'une série d'événements funestes. En effet, certains moines commencent même à parler de l’œuvre du Malin. Pourtant, il y aurait fort à parier que c'est au nom du Christ que sont commises de telles atrocités.

mardi 31 janvier 2012

Si par une nuit d'hiver un voyageur d'Italo Calvino

Critique de Si par une nuit d'hiver un voyageur d'Italo Calvino

Résumé :
Quatrième de couverture : Vous, Lecteur, vous Lectrice, vous êtes le principal personnage de ce roman, et réjouissez-vous : c'est non seulement un des plus brillants mais aussi un des plus humoristiques qui aient été écrits dans ce quart de siècle. Vous allez vous retrouver dans ce petit monde de libraires, de professeurs, de traducteurs, de censeurs, et d'ordinateurs qui s'agitent autour d'un livre. Vous allez surtout vous engager dans des aventures qui vous conduiront chaque fois au point où vous ne pourrez plus retenir votre envie d'en savoir plus, et là, ce sera à vous de continuer, d'inventer. Bon voyage.
Italo Calvino imagine un Lecteur fictif qui devient son personnage principal. L'aventure démarre avec une visite du Lecteur à la librairie où il souhaite se procurer "le nouveau roman d'Italo Calvino" à savoir Si par une nuit d'hiver un voyageur. Malheureusement à peine entame-t-il la lecture qu'il se rend compte que son exemplaire présente un défaut d'impression : en effet les feuillets ont été mélangés avec ceux d'un autre livre ! Ainsi, il décide de retourner à la librairie et d'exiger réparation : il demande qu'on lui fournisse l'ouvrage qu'il a déjà commencé en pensant qu'il s’agissait du dernier Calvino. Le texte en question semble être En s'éloignant de Malbork du polonais Tadzio Bazakbal. Malheureusement le Lecteur, accompagné d'une Lectrice, se trouvera contraint par différents procédés à interrompre continuellement la lecture des romans qu'il a commencés pour en entamer d'autres. Italo Calvino nous embarque dans une fabuleuse odyssée au sein d'un palimpseste d'incipits aussi prenants les uns que les autres.

mercredi 14 décembre 2011

Les vestiges du jour de Kazuo Ishiguro

Critique de Les vestiges du jour de Kazuo Ishiguro

Résumé :
Quatrième de couverture : "Les grands majordomes sont grands parce qu'ils ont la capacité d'habiter leur rôle professionnel, et de l'habiter autant que faire se peut ; ils ne se laissent pas ébranler par les événements extérieurs, fussent-ils surprenants, alarmants ou offensants. Ils portent leur professionnalisme comme un homme bien élevé porte son costume. C'est, je l'ai dit, une question de dignité."
Stevens a passé sa vie à servir les autres, majordome pendant les années 1930 de l'influent Lord Darlington puis d'un riche Américain. Les temps ont changé et il n'est plus certain de satisfaire son employeur. Jusqu'à ce qu'il parte en voyage vers Miss Kenton, l'ancienne gouvernante qu'il aurait pu aimer, et songe face à la campagne anglaise au sens de sa loyauté et de ses choix passés.
Un vieux majordome anglais suite à la mort de son employeur est réembauché dans le même domaine mais par Mr. Farraday, un Américain fortuné et très étranger au milieu des vieilles familles anglaises. Stevens, confronté à un autre univers que celui qu'il a connu toute sa vie et au sein duquel il a forgé ses valeurs, va devoir s'adapter à de nouvelles tâches et revoir totalement ses codes de conduite. Un voyage qu'il envisage comme une mission professionnelle va l'amener à reconsidérer ses années de service. Des souvenirs vont émerger et lui intimer des moments de doutes qui viendront noircir par petites touches sa conscience professionnelle qui paraît inébranlable.