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jeudi 30 juillet 2026

Fils prodigues de Colin Barrett

Critique de Fils prodigues de Colin Barrett


Résumé :
Quatrième de couverture : En ce week-end de festival du saumon à Ballina, en Irlande, les frères Ferdia ont décidé de faire payer à Cillian English la perte d'un paquet de drogue. Ils kidnappent son jeune frère et le cachent dans la ferme isolée du grand Dev, un colosse solitaire, trop sensible pour jouer les caïds.
Dans ce petit monde où l'on se cabosse de génération en génération, entre pères absents et mères courage, personne n'a les moyens de payer la rançon. Il reste l'amour et la solidarité, même s'ils sont écorchés et hors la loi. Et des éclats d'humanité que Colin fait briller comme personne.
Ce roman beau et délicat rend grâce à une jeunesse perdue dont les rêves s'effilochent avant même qu'on y croie. "Dans une petite ville de l'ouest de l'Irlande, c'est tout un monde, inoubliable et intense, qui est capturé pour le lecteur", Colm Tóibín.
C'est le festival du saumon à Ballina, une ville du nord-ouest de l'Irlande, mais la jeunesse locale ne prend pas vraiment part à la fête... C'est pourtant elle qui habite le cœur de ce roman : du couple de jeunes de seize ans au vieux trentenaire déjà mangé par la vie en passant par la jeune étudiante en début de vingtaine. Leurs trajectoires se mêlent, leurs projets se font et se défont dans un quotidien qui semble avoir été déserté par toute autorité, toute bienveillance et presque tout amour. Le récit aborde une petite affaire de drogue à l'échelle de la ville (qui aura probablement son traitement médiatique dans le journal local) et nous embarque dans le quotidien d'une galerie de personnages si troublants de réalité... Un diagnostic d'une tristesse accablante mais aussi un concentré d'humanité où tout enthousiasme n'est pas mort et où personne ne s'avoue vaincu, quitte à devoir remonter le courant.

Colin Barrett à Dublin (crédits : Anoush Abrar / Rolex).

jeudi 16 juillet 2026

L'Utilité de l'inutile de Nuccio Ordine

Critique de L'Utilité de l'inutile de Nuccio Ordine


Résumé :
Quatrième de couverture : Il n'est pas vrai - pas même en temps de crise - que seul ce qui est source de profit soit utile. Il existe dans les démocraties marchandes des savoirs réputés "inutiles" qui se révèlent en réalité d'une extraordinaire utilité.
Dans cet ardent pamphlet, Nuccio Ordine attire notre attention sur l'utilité de l'inutile et sur l'inutilité de l'utile. À travers les réflexions de grands philosophes (Platon, Aristote, Tchouang-tseu, Pic de la Mirandole, Montaigne, Bruno, Campanella, Bacon, Kant, Tocqueville, Newman, Poincaré, Heidegger, Bataille) et de grands écrivains (Ovide, Dante, Pétrarque, Boccace, Alberti, l'Arioste, More, Shakespeare, Cervantès, Milton, Lessing, Leopardi, Hugo, Gautier, Dickens, Herzen, Baudelaire, Stevenson, Okakura Kakuzô, García Lorca, García Márquez, Ionesco, Calvino, Foster Wallace), Nuccio Ordine montre comment l'obsession de posséder et le culte de l'utilité finissent par dessécher l'esprit, en mettant en péril les écoles et les universités, l'art et la créativité, ainsi que certaines valeurs fondamentales telles que la dignitas hominis l'amour et la vérité.
Le professeur d'université Nuccio Ordine propose de nous prendre la main pour une promenade, depuis l'Antiquité jusqu'au XXe siècle, en compagnie de philosophes, de littéraires mais aussi de scientifiques de toutes disciplines. Cet ouvrage est moins un essai critique proposant une argumentation serrée et sévèrement sourcée qu'une sorte de centon librement arrangé autour d'un paradoxe : l'inutile peut-il être utile ? Sous-titré "Manifeste", il ne s'agit pas tout à fait d'exposer un programme, ni de tenir un propos polémique : l'auteur entend bien davantage rendre tangible et évidente sa position critique consistant à revendiquer la liberté comme nécessaire au travail intellectuel. Le texte est structuré en trois temps : I - L'Utile inutilité de la littérature (sur l'importance de la culture littéraire classique dans l'éducation, construite sur le temps long) ; II - L'Université-entreprise (une critique des nouvelles universités construites comme des entreprises avec obligation de profit et de résultat mesurable) ; III - Posséder tue (un éloge de la curiosité intellectuelle et de la liberté). Nous trouvons également en appendice un article d'Abraham Flexner signalé à l'auteur en 2011 suite à une table ronde et intitulé "De l'utilité du savoir inutile" (octobre 1939). Entre la démonstration et la conversation, cet essai met son lecteur en face d'une évidence troublante : qui peut aujourd'hui déterminer le caractère utile ou inutile d'une recherche ? Seul le temps, par son office, pourra nous permettre d'observer ce qui aura produit du fruit et ce qui n'en aura pas (encore ?) produit. Il s'agit donc d'un vibrant plaidoyer pour ne jamais distinguer artificiellement le bon grain de l'ivraie dans tous les champs de recherche : qui vivra verra !

Les sentences ajoutées par Montaigne dans sa "librairie" (bibliothèque) aménagée en 1571.

lundi 4 juillet 2016

Les Antimodernes d'Antoine Compagnon

Critique des Antimodernes de Joseph de Maistre à Roland Barthes d'Antoine Compagnon



Résumé :
Quatrième de couverture : Qui sont les antimodernes? Non pas les conservateurs, les académiques, les frileux, les pompiers, les réactionnaires, mais les modernes à contrecœur, malgré eux, à leur corps défendant, rétifs au modernisme naïf et zélateur du progrès.
Quelques grands thèmes - dégagés à partir de la lecture de Joseph de Maistre, Chateaubriand, Baudelaire, Flaubert d'un côté, de l'autre Proust, Caillois ou Cioran - caractérisent le courant antimoderne aux XIXe et XXe siècles : historique, la contre-révolution ; philosophique, les anti-Lumières ; moral, le pessimisme ; religieux, le péché originel ; esthétique, le sublime ; et stylistique, la vitupération.
Antoine Compagnon examine quelques configurations antimodernes majeures : Lacordaire, Léon Bloy, Péguy, Albert Thibaudet et Julien Benda, Julien Gracq et, enfin, Roland Barthes, "à l'arrière-garde de l'avant-garde", comme il aimait se situer.
Les antimodernes ont été le sel de la modernité, son revers ou son repli, sa réserve et sa ressource. Sans l'antimoderne, le moderne courait à sa perte, car les antimodernes ont donné la liberté aux modernes : ils ont été les modernes plus la liberté.
Par la dénomination d'antimoderne, Antoine Compagnon essaie de qualifier un profil particulier d'écrivains du XIXe et du XXe siècles à partir de Joseph de Maistre. Il n'entend pas par "antimoderne" quelqu'un qui s'oppose à la modernité ou tend à la récuser, à la rejeter. Au contraire l'antimoderne doit avoir goûté à la modernité, y avoir cru mais s'en être détaché ou entretenir un rapport ambivalent avec elle. Par conséquent, l'antimoderne peut relever de profils très hétéroclites, ce qui explique la diversité et la multiplicité des auteurs convoqués par Antoine Compagnon dans l'ouvrage : Joseph de Maistre, Baudelaire, Péguy, Thibaudet ou encore Jean Paulhan, Julien Benda et Julien Gracq, autant d'écrivains très différents.
La première partie de l'essai intitulée "les idées" donne quelques traits caractéristiques, selon l'auteur, des antimodernes. Ils sont opératoires à des plans divers (religieux, esthétique, stylistique...). La seconde partie, plus longue, est intitulée quant à elle "les hommes" et se subdivise en chapitres consacrés à un ou plusieurs auteurs jugés antimodernes. Les portraits se distinguent par une attention importante consacrée à l'homme, à son ancrage social et politique dans la société ainsi qu'à son rapport avec les institutions littéraires. Les citations fréquentes permettent au lecteur de juger "sur pièces" et de confronter, au fil de la lecture, les différents profils pour tenter de lier ces écrivains les uns aux autres.

samedi 18 août 2012

Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez

Critique de Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez

Résumé :
Quatrième de couverture : Une épopée vaste et multiple, un mythe haut en couleurs plein de rêve et de réel. Histoire à la fois minutieuse et délirante, d'une dynastie : la fondation, par l'ancêtre d'un village sud-américain isolé du reste du monde ; les grandes heures marquées par la magie et l'alchimie ; la décadence ; le déluge et la mort des animaux. Ce roman proliférant, merveilleux et doré comme une enluminure, est à sa façon un Quichotte sud-américain : même sens de la parodie, même rage d'écrire, même fête cyclique des orages et des mots.
José Arcadio Buendia et Ursula Iguarán sont cousins germains mais s'engagent pourtant dans une liaison incestueuse. Une menace évidente de consanguinité pèse sur cette union qui répond à celle de la tante d'Ursula mariée à l'oncle de José Arcadio. En effet, cette alliance première avait engendré un enfant à queue de cochon. Ursula vit alors dans la crainte de donner naissance à une créature similaire et refuse de se donner à son mari José Arcadio qui doit essuyer les propos dégradants d'impuissance qui circulent dans le village de Riohacha à son sujet. À l'occasion d'un combat de coqs, un homme - Prudencio Aguilar - mentionne la rumeur en face de José Arcadio qui décide de le provoquer en duel et le tue. Le couple décide alors de fuir Riohacha avec certains villageois et ils fondent finalement le village de Macondo. Débute alors une large fresque familiale et humaine racontant le quotidien d'une lignée condamnée à cent ans de solitude.

jeudi 19 juillet 2012

Contes de Perrault

Critique des Contes de Perrault

Résumé :
Quatrième de couverture : "Il était une fois un roi et une reine...", "il était une fois une petite fille de village..." Il suffit de cette clé magique pour que s'ouvre à nous le monde où paraissent tour à tour la belle au bois dormant, le petit chaperon rouge, la Barbe bleue ou Cendrillon. Perrault puise dans le folklore ancien pour nous conter dans des récits courts et alertes des histoires qui nous éloignent délicieusement du monde, avant que la morale finale nous y reconduise. Des contes de fées? Sans doute. Mais, autant que le merveilleux, ce qui nous enchante, c'est le naturel et la savante simplicité d'un art d'écrire qui, à chaque page, séduit notre imagination.
D'abord parus séparément en 1694 et 1697, ce n'est qu'à la fin du XVIIIème siècle que les contes en vers et en prose seront réunis en un même volume, signe que l'engouement qu'ils avaient suscité du vivant de Perrault ne se démentait pas, en dépit du jugement sévère des gens de lettres, à l'époque des Lumières, pour ces puériles bagatelles. Mais le public le plus large demeurait fidèle à ces contes - et ce public, c'est aujourd'hui nous dont l'esprit d'enfance ne s'est pas perdu.
Le petit chaperon rouge, barbe bleue, le petit Poucet ou encore le chat botté, autant de noms qui éveillent naturellement tout un imaginaire fantastique de rêves ou de cauchemars. Certains contes nous sont plus familiers que d'autres, parfois ils évoquent des souvenirs personnels ou des rituels du soir avec les veillées en famille : chacun a sa propre relation aux contes. Ceux de Perrault sont courts et vont à l'essentiel, ils contiennent souvent une morale dont le sens ne s'offre pas toujours à la première lecture. Enfin ils s'adressent à tous car chacun peut en extraire un sens!

dimanche 15 juillet 2012

Indignation de Philip Roth

Critique d'Indignation de Philip Roth

Résumé :
Quatrième de couverture : Nous sommes en 1951, deuxième année de la guerre de Corée. Marcus Messner, jeune homme de dix-neuf ans d'origine juive, poursuit ses études au Winesburg College, dans le fin fond de l'Ohio. Il a quitté le New Jersey où habite sa famille, dans l'espoir d'échapper à la domination de son père, fou d'angoisse à l'idée que son fils bien-aimé entre dans l'âge adulte. En s'éloignant de ses parents, Marcus va tenter sa chance dans l'Amérique des années 1950. L'inconnu s'offre à lui, avec son cortège d'embûches et de surprises.
Avec ce roman d'apprentissage, Philip Roth poursuit son analyse de l'histoire de l'Amérique - celle des années cinquante, des tabous et des frustrations sexuelles - et de son impact sur la vie d'un homme jeune, isolé, vulnérable.
Marcus Messner est un garçon sans histoires : fils d'un boucher kasher il fait ses études sur un petit campus du New Jersey où il fournit un travail sérieux et obtient de bonnes notes. Cependant son père nourrit pour lui une si grande fierté qu'il commence à entrer dans une espèce de paranoïa qui le pousse à restreindre les libertés de son fils afin que ce dernier ne se trouve jamais en situation de danger. Petit à petit Marcus étouffe, et ce à un tel point qu'il ressent un urgent besoin de partir étudier ailleurs afin de quitter cette emprise paternelle étouffante et destructrice. Débute alors un parcours initiatique vers toujours plus de maturité. Mais si Marcus avait fuit un danger potentiel, pour se jeter dans les bras d'un autre?

vendredi 6 juillet 2012

Écrivain cherche place concierge de Nicolas Ancion

Critique d'Écrivain cherche place concierge de Nicolas Ancion

Résumé :
Quatrième de couverture : "Victor a les cheveux noirs, comme les poils que sa mère cachait sous ses bras ; il ne porte pas de lunettes, comme le chat qu'il n'a jamais eu lorsqu'il était enfant ; il s'est mis à ronfler sur le tard, comme à jouer aux échecs et à écrire des livres. Car Victor écrit. Pas beaucoup. Juste ce qu'il faut pour n'être pas complètement chômeur." Ecriv. ch. pl. concierge. C'est avec cette petite annonce que Victor, jeune écrivain paresseux et sans le sou, a décidé de trouver du boulot. Concierge, n'est-ce pas l'occupation idéale pour écrire au calme? Surtout quand il s'agit simplement de garder un château, perdu au milieu de la campagne. Mais la campagne n'est plus ce qu'elle était. Bien sûr, il reste les fermes en pierres de taille, les bouses de vache, l'herbe humide sous les pieds nus. Mais il faut ajouter à cela les trajets de bus interminables,  les mariages qui tournent mal, les mobylettes et les motos, les filles en tenue de tennis, et, par-dessus tout, un lapin en peluche et un ours amateur de gâteaux au chocolat. On le comprend, au milieu de tout ça, Victor n'a plus vraiment ni le temps, ni l'envie d'écrire.
Entre une petite chambre dont le loyer est en "stand by" depuis quelques mois, les flâneries dans la ville ou encore les jeunes filles qui ne rappellent pas, difficile de trouver le temps d'écrire! Que penser alors d'une place sympa en tant que concierge dans un château? Intéressant pour se poser et se mettre au travail à tête reposée. Mais voilà, l'écrivain n'est pas au bout de ses surprises : son collègue majordome est un lapin en peluche et il aura pour hôte... un ours brun! Et si c'était l'imagination qui lui jouait un tour?

jeudi 21 juin 2012

À la rencontre de... Jésus-Christ d'Alain de la Morandais

Critique de À la rencontre de... Jésus-Christ d'Alain de la Morandais

Résumé :
Quatrième de couverture: Ce portrait du Christ que livre ici Alain de la Morandais sous la forme d'un récit intime et chaleureux a ceci d'original qu'il est chrétien. C'est une originalité bien étonnante et même paradoxale mais qui révèle sans doute l'oubli de notre temps. L'heure est en effet aux descriptions anthropologiques d'un Jésus plus ou moins historique et qui passent sous silence ce fait décisif que le Christ est avant tout l'une des plus originales méditations sur Dieu et sur le sens du Divin. Au lieu, comme c'est désormais toujours le cas, d'inventer un Jésus du passé ayant eu ou non des femmes, des frères, 33 ans ou 40 ans à sa mort... bref au lieu de spéculer et même de fantasmer une idole archaïque, l'auteur a voulu partager les façons dont la présence du Christ s'est manifestée dans sa vie. Nous découvrons ainsi avec lui comment cette présence ne se réduit jamais à l'idée qu'on s'en fait, mais qu'elle décline, toujours nouvelle et nécessaire, à mesure que la vie nous adresse ses défis. Ce Jésus qui vient à la rencontre fut certes un jour homme de Judée, mais il demeure dans l'essentiel un visage insaisissable et pourtant omniprésent du Salut.
Alain de la Morandais est encore jeune lorsqu'il entend pour la première fois "l'appel", ce sentiment indescriptible qu'il lui fait entamer une quête vers la Foi à laquelle il était destiné à consacrer toute sa vie. Ce petit texte n'est pas une étude historique sur Jésus-Christ, ce n'est pas non plus un texte dévot sur l'expérience de la religion. L'auteur nous présente simplement la création et l'évolution d'une relation au Christ à travers la recherche du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

mercredi 13 juin 2012

La Nuit des enfants rois de Bernard Lenteric

Critique de La Nuit des enfants rois de Bernard Lenteric

Résumé :
Quatrième de couverture : Tout commence une nuit, dans Central Park, à New York : sept adolescents sont sauvagement agressés, battus, certains violés. Mais ces sept-là ne sont pas comme les autres : ce sont des enfants-génies. De l'horreur, ils vont tirer contre le monde une haine froide, mathématique, éternelle. Avec leur intelligence, ils volent, ils accumulent les crimes parfaits. Car ces sept-là ne sont pas sept, ils sont un. Ils sont un seul esprit une seule volonté. Celui qui l'a compris, Jimbo Farrar, lutte contre eux de toutes ses forces. À moins qu'il ne soit de leur côté... Alors, s'ils étaient huit, le monde serait à eux et ce serait la nuit, la longue nuit, la Nuit des enfants rois.
Ils sont sept. Rassemblés par un ordinateur surpuissant, ces enfants surdoués sont visiblement promis à réaliser de grandes choses ensembles. Cependant, un soirs où ils se réunissent secrètement pour la première fois à Central Park, ils sont attaqués violemment par une bande de criminels. À partir de là, tout change. Les enfants décident de conjuguer leurs forces pour faire le mal. Et si la seule personne capable de les arrêter était celle qui les avait réunis?

samedi 9 juin 2012

Debout les morts de Fred Vargas

Critique de Debout les Morts de Fred Vargas

Résumé :
Quatrième de couverture : Un matin, la cantatrice Sophia Siméonidis découvre, dans son jardin, un arbre qu'elle ne connaît pas. Un hêtre. Qui l'a planté là? Pourquoi? Pierre, son mari, n'en a que faire. Mais la cantatrice, elle, s'inquiète, en perd le sommeil, finit par demander à ses voisins, trois jeunes types un peu déjantés, de creuser sous l'arbre, pour voir si... Quelques semaines plus tard, Sophia disparaît tandis qu'on retrouve un cadavre calciné. Est-ce le sien? La police enquête. Les voisins aussi. Sophia, ils l'aimaient bien. L'étrange apparition du hêtre n'en devient que plus énigmatique.
C'est un jour comme les autres, pourtant quelque chose a changé dans la vie de Sophia Siméonidis, une ancienne cantatrice. Il y a d'abord cet arbre dans le jardin qui est apparu soudainement comme par enchantement, ensuite ces étranges nouveaux voisins tous plus déjantés les uns que les autres. Mais la vie continue dans son quartier paisible... jusqu'à ce qu'on découvre la disparition pure et simple de la cantatrice! Les nouveaux voisins, ces trois colocataires déjantés qui avaient eu le temps de faire connaissance, entreprennent alors une enquête pour comprendre les faits et pour la retrouver. Et si le secret se cachait entre les racines de l'arbre?

mercredi 6 juin 2012

La joueuse de go de Shan Sa

Critique de La joueuse de go de Shan Sa

Résumé:
Quatrième de couverture : Depuis 1931, le dernier empereur de Chine règne sans pouvoir sur la Mandchourie occupée par l'armée japonaise. Alors que l'aristocratie tente d'oublier dans de vaines distractions la guerre et ses cruautés, une lycéenne de seize ans joue au go. Place des Mille Vents, ses mains infaillibles manipulent les pions. Mélancolique mais fiévreuse, elle rêve d'un autre destin. "Le bonheur est un combat d'encerclement." Sur le damier, elle bat tous ses prétendants.
Mais la joueuse ignore encore son adversaire de demain : un officier japonais dur comme le métal, à peine plus âgé qu'elle, dévoué à l'utopie impérialiste. Ils s'affrontent, ils s'aiment, sans un geste, jusqu'au bout, tandis que la Chine vacille sous les coups de l'envahisseur qui tue, pille, torture.
Place des Mille Vents, une jeune chinoise joue au go contre des inconnus de passage, ou des habitués dont les stratégies n'ont plus aucun secret pour elle. Ses journées se partagent entre les cours, ses amies de classe, sa famille et les deux jeunes Min et Jing qu'elle a rencontré récemment. Mais entre les amours naissants et ses soucis d'adolescente il y a aussi la guerre qui fait rage et les militaires japonais qui se rapprochent petit à petit de son monde jusqu'à pénétrer ses rêves de jeune fille. Car qui est-il ce jeune inconnu qu'elle n'arrive pas à vaincre sur une partie de go qui semble sans fin? Une histoire tendre sur fond de tragédie.

samedi 5 mai 2012

Le confident d'Hélène Grémillon

Critique du Confident d'Hélène Grémillon


Résumé :
Quatrième de couverture : Camille vient de perdre sa mère. Parmi les lettres de condoléances, elle découvre un étrange courrier, non signé. Elle croit d'abord à une erreur mais les lettres continuent d'arriver, tissant le roman de deux amours impossibles, de quatre destins brisés. Peu à peu, Camille comprend qu'elle n'est pas étrangère au terrible secret que cette correspondance renferme.
Dans ce premier roman sur fond de Seconde Guerre mondiale, Hélène Grémillon mêle de main de maître récit historique et suspense psychologique.
Camille reçoit une étrange lettre parmi le courrier qui lui est parvenu après la mort de sa mère. Une incroyable lettre qui raconte une vie et une histoire qui peu à peu se teintent de malheur jusqu'à tourner véritablement au tragique. Les secrets se révèlent, des caractères connus se voient prêter un nouveau visage et les certitudes, les unes après les autres, s'effritent. Mais que se cache-t-il derrière ces noms qui au premier abord ne lui disent rien? Et si après tout, cette histoire... c'était la sienne?

vendredi 27 avril 2012

Délirium, tome 1 de Lauren Oliver

Critique de Délirium, tome 1 de Lauren Oliver

Résumé :
Quatrième de couverture : Lena vis dans un monde où l'amour est considéré comme la pire des maladies. Un monde où tous les jeunes subissent à leur majorité une opération du cerveau pour être immunisés. A quelques mois de ses dix-huit ans, Lena aspire presque à subir à son tour le Protocole car depuis toujours amour rime pour elle avec souffrance et danger. Jusqu'à ce qu'une rencontre inattendue fasse tout basculer. Avant, tout était simple, tout était organisé. Mais est-ce vraiment vivre que de laisser la société tout prévoir pour vous? Vos amis, vos amours et votre avenir? Imaginez qu'on vous prive de tout sentiment. Que la liberté ne soit plus qu'un vieux souvenir dénué de sens. Jusqu'où iriez-vous pour garder le droit d'aimer?
Figurez-vous l'amour comme une maladie grave et hautement contagieuse : cette comparaison est presque un stéréotype cependant là où habite Lena, c'est au sens littéral des termes qu'on prend cette analogie. Ainsi donc l'amour est une maladie qu'il convient de soigner et de prévenir grâce à un système - Le Protocole - qui semble agir sur le cerveau pour rendre l'individu incapable d'aimer et finalement d'éprouver d'autres émotions trop fortes comme la fraternité, l'empathie ou la révolte. Cette opération intervient vers la dix-huitième année de l'individu... qu'en est-il donc des sujets plus jeunes, comme c'est le cas de Lena?

mercredi 11 avril 2012

Intrigues de jungle et lois de basse-cour de Prijana Winduwinata

Critique de Intrigues de jungle et lois de basse-cour de Pak Prijana Winduwinata

Résumé :
Quatrième de couverture : Ces cinq contes animaliers, qui font penser entre autre à Orwell (Animal Farm), sont un exemple rare de satire, à l'époque où la République d'Indonésie se met en place sous la houlette de Sukarno (1945 - 1967). Et ils sont d'autant plus insolites qu'ils ont été écrits en langue javanaise et non en indonésien, la langue nationale. Les divers épisodes évoquent avec verve certains des écueils de la construction nationale et des travers sociaux eux aussi universels : les faux-semblants de la démocratie et les turpitudes de dirigeants sans scrupules, l'hypocrisie religieuse, la domination des mâles (celle des coqs sur les poules!), l'impossible consensus dans la quête d'une identité culturelle commune. Si le ton se veut toujours ironique et léger, la morale, elle, ne manquera pas d'apparaître quelque peu désabusée.
Ce petit recueil présente cinq contes satiriques écrits en langue javanaise. Chacune de ces petites histoires nous donne à voir différentes sociétés organisées au sein du règne animal. Le lecteur pourra ainsi découvrir la hiérarchie (démocratique) chez les singes, la constitution d'une association chez les poules ou encore la vie religieuse des moutons. Bien entendu il s'agit ici de substituer l'animal à l'homme pour pointer du doigt les travers de ce dernier en société. Le premier conte Anantaswara prend place chez les singes où règne un système soi-disant démocratique mais miné de l'intérieur par l'arrivisme et la démagogie. Le second conte a pour titre Des poules émancipées et raconte la constitution d'une association pour les droits de la poule contre l'oppression masculine dans une basse-cour. Vient ensuite le troisième conte Zulfulus dont l'histoire se déroule chez les puces qui tentent de mettre en place des relations diplomatiques et amicales entre plusieurs puciers. Enfin les deux derniers contes - Le Vénérable Prédedieu et Un congrès sur l'art de la danse - traitent respectivement d'une certaine hypocrisie religieuse et de la difficulté/dangerosité à vouloir uniformiser une culture au détriment de la richesse intrinsèque à celle-ci.

vendredi 2 mars 2012

Naissance d'un pont de Maylis de Kerangal

Critique de Naissance d'un pont de Maylis de Kerangal


Résumé :
Quatrième de couverture : "A l'aube du second jour, quand soudain les buildings de Coca montent, perpendiculaires à la surface du fleuve, c'est un autre homme qui sort des bois, c'est un homme hors de lui. Le soleil se lève, il ricoche contre les façades de verre et d'acier, irise les nappes d'hydro-carbures moirées arc-en-ciel qui auréolent les eaux, et les plaques de métal taillées en triangle qui festonnent le bordé de la pirogue, dessinant une mâchoire ouverte, rutilent dans la lumière."
Ce livre part d'une ambition à la fois simple et folle : raconter la construction d'un pont suspendu quelque part dans une Californie imaginaire à partir de destins croisés d'une dizaine d'hommes et de femmes. Un roman-fleuve qui brasse des sensations et des rêves, des paysages et des machines, des plans de carrière et des classes sociales, des corps de métier et des corps tout court.
Le maire de Coca, une ville en expansion, décide de débuter le chantier d'un pont monumental qui devrait faciliter et encourager l'accès à la ville. Débute alors une série de recrutements, de planifications et de réunions pour organiser la construction. De l'ouvrier au cadre du pont, tout le monde a une place définie dans l'organisation millimétrée. Mais peu à peu, des relations se nouent, des problèmes apparaissent et finalement c'est la vie qui poursuit son cours ici comme ailleurs.

vendredi 24 février 2012

Un roman américain de Stephen Carter

Critique de Un roman américain de Stephen Carter


Résumé :
Quatrième de couverture : De la campagne de JFK à la chute de Nixon, une formidable fresque signée Stephen Carter.
Été 1952, Martha's Vineyard. Vingt hommes se réunissent dans le plus grand secret. Politiciens, avocats, hommes d'affaires, universitaires, ils sont l'élite de l'Amérique. Ce soir-là, ils signent un pacte diabolique destiné à manipuler le président des États-Unis pour les décennies à venir. Deux ans plus tard, au coeur d'un quartier huppé de Harlem, le jeune écrivain noir Eddie Wesley tombe sur un cadavre. Le mort tient entre ses mains une étrange croix inversée. Qui a tué ce riche avocat blanc? Que signifie cette croix? Alors que la curiosité d'Eddie commence à déranger, sa sœur Junie, promise à un brillant avenir à la Cour Suprême, s'évanouit brusquement dans la nature. Quel est le lien entre cette disparition, le meurtre de l'avocat et le complot visant à contrôler le Bureau ovale? Eddie et Aurélia, la femme qu'il aime, mettront plus de vingt ans à reconstituer la vérité. Une quête aussi complexe que fascinante où se mêlent thriller politique et saga familiale dans un portrait saisissant de l'Amérique des sixties.
Un soir, le jeune harlémite Eddie découvre le corps d'un avocat blanc alors qu'il se promène aux alentours d'un parc. Cette rencontre macabre marque le début d'une quête pour la vérité qui influencera cet homme pour des dizaines d'années à venir. En effet, Eddie appartient à l'élite noire de Harlem et il projette de devenir écrivain : son statut de personnage public va lui permettre de tenter de démêler les fils d'un complot qui prend racine en plein cœur de la présidence américaine. Entre intrigues amoureuses et politiques, les protagonistes auront bien du mal à éclairer cette affaire trouble qui ébranle l’État.

dimanche 18 décembre 2011

Nocturnes de Kazuo Ishiguro

Critique de Nocturnes de Kazuo Ishiguro

Résumé :
Quatrième de couverture : Des piazzas italiennes aux collines de Malvern, d'un appartement londonien à l'étage feutré d'un hôtel de Hollywood, voici des musiciens de rue, des stars déchues, tous en quête d'un nouveau mouvement à jouer. Si la musique demande des sacrifices, un saxophoniste doit-il accepter la chirurgie esthétique pour réussir? Faut-il qu'un crooner change d'existence pour retrouver le succès? Kazuo Ishiguro alterne humour et mélancolie pour nous conter le destin de passionnés. Les thèmes évoqués sont éternels : l'amour, la musique, le combat de chacun pour conserver intact le charme de la vie quand les espoirs s'émoussent.
Cinq nouvelles où s'entrecroisent des destins possédés par la musique. Des hommes et des femmes tous différents et à la fois si semblables cherchent à se faire leur petite place au soleil pour profiter un peu d'une vie qui leur passe entre les doigts. Ils sont venus d'horizons différents, alors que certains sont en quête de succès, d'autres l'ont déjà perdu. Autant d'histoires humaines qui réalisent des petits tableaux vivants... en musique!

jeudi 1 décembre 2011

Love & Pop de Ryù Murakami

Critique de Love & Pop de Ryù Murakami


Résumé :

Quatrième de couverture : Love & Pop aborde une forme de prostitution propre au Japon, dont Murakami avait déjà fait le sujet troublant de son film Tokyo Decadence. Par l'intermédiaire de messageries téléphoniques, de jeunes lycéennes acceptent des rendez-vous avec des inconnus pour pouvoir s'acheter des produits de marque. Le roman raconte la journée d'une jeune fille qui, désirant absolument s'offrir une topaze impériale, accepte coup sur coup deux rendez-vous avec des hommes. Mais les rencontres ne vont pas se passer comme elle l'avait prévu. La littérature n'a que faire des questions de moralité, dit Murakami Ryù, qui a construit son roman à la manière d'une oeuvre d'Andy Warhol, en fondant dans sa narration des bribes de conversations, d'émissions de radio ou de télévision, des litanies de marques, de titres de films ou des paroles de chanson à la mode. Comme un bruit de fond faisant soudain irruption au premier plan pour saturer le sens de ces rencontres qui ouvrent sur tous les possibles de l'humain. Tandis qu'une violence latente se fait de plus en plus pressante et précise.
L'auteur nous convoque, en observateurs silencieux, dans la vie de la jeune Yoshii Hiromi. Cette lycéenne à peine entrée dans l'âge où elle devient femme, accepte des rendez-vous arrangés pour se payer des habits et des accessoires pour "passer pour une femme mûre". Une enfance v(i)olée nous est racontée dans un style sans concessions qui nous montre ce que l'on ne veut pas voir et nous laisse à deviner le pire dans le décors anodin du quotidien. Cette jeune fille comme les autres devient alors la proie de la fatalité et s'embourbe dans un tissu d'indifférence et de non-dits.

dimanche 20 novembre 2011

Enlivrée de Laurence Dionigi

Critique de Enlivrée de Laurence Dionigi

Résumé :
Quatrième de couverture : Mais qu'arrive-t-il à Romane, fille de Romain Ryga et d'Anna Lesnoail? D'où lui viennent ses étranges vomissements inexpliqués de lettres de l'alphabet et surtout l'assouvissement de ses nausées matinales uniquement par l'écriture ou la lecture? Cette jeune Parisienne qui mène une vie bien rangée ne comprend absolument pas ce qui lui arrive. De quel mal mystérieux souffre-t-elle? Ni la médecine traditionnelle, ni la parallèle ne pourront l'aider. Seul un éditeur lui révélera un secret jalousement gardé, celui des femmes enlivrées. Cette grossesse insolite inquiète et affole Romane malgré les rassurantes rencontres organisées auprès des grandes figures féminines du paysage littéraire. La jeune femme se confiera à son journal intime et c'est Colette qui le découvrira et partagera ses émotions pendant ces dix mois d'absurdisme. Pourquoi elle? Elles ne se connaissent même pas...
Un matin, une femme découvre sur son perron un étrange paquet qui contient le journal d'une jeune femme : Romane. Cette dernière y relate une étrange expérience, celle des femmes enlivrées. En effet, il apparaît que les chefs d’œuvre ne naissent pas de l'esprit fertile de leurs auteurs mais plutôt... d’utérus de femmes qui les portent à la manière d'enfants pour une durée variable. Le récit de Romane rend compte de la totalité de sa "grossesse" jusqu'à l'accouchement. Exactement comme une grossesse traditionnelle, la grossesse d'un livre se manifeste par différents symptômes : vomissements de lettres, obsession pour un mot ou une expression liée à la littérature ou encore frénésie de la lecture ou de l'écriture. C'est finalement toute une conception de la littérature et de l'acte d'écrire qui se dégage de cette métaphore filée.

vendredi 11 novembre 2011

Ces corps vils d'Evelyn Waugh

Critique de Ces corps vils d'Evelyn Waugh

Résumé :
Quatrième de couverture : Avec une plume tout à la fois enjouée et féroce, Waugh dépeint dans ce roman, qui lui valut une gloire teinte de scandale, la folle jeunesse dorée de l'Angleterre des années 30. Soirées d'ivresse, de luxure et de travestissements, réceptions huppées autant que ridicules, bals comiques en Écosse ou ignobles à Paris, c'est toute l'insoutenable - et ici frénétique - légèreté des êtres que Waugh - en bon catholique - fustige avec une drôlerie sans pareille. On en redemande !
Le lecteur est invité à suivre ici toute une foule de personnages à travers un quotidien mené à toute allure. Ça se bouscule et ça s'empresse de se jeter dans le tourbillon du monde. L'action est frénétique et chaque dialogue semble être échangé avec précipitation. Dans un tel climat difficile de trouver ses marques, en effet tout est éphémère et ce qui était vrai hier ne l'est plus aujourd'hui. Entrer efficacement dans un tel roman peut sembler relever, dans un premier temps, d'une épreuve d'extrême concentration : il faut tout saisir, tenter de relier des éléments qui en apparence n'ont rien à voir entre eux ou encore tenter d'assimiler la foule de personnages qui gravitent autour de l'intrigue. Disons pour finir que pour déguster cette lecture : "rien ne sert de courir ; il faut partir à point"!