Quatrième de couverture : Il n'est pas vrai - pas même en temps de crise - que seul ce qui est source de profit soit utile. Il existe dans les démocraties marchandes des savoirs réputés "inutiles" qui se révèlent en réalité d'une extraordinaire utilité.
Dans cet ardent pamphlet, Nuccio Ordine attire notre attention sur l'utilité de l'inutile et sur l'inutilité de l'utile. À travers les réflexions de grands philosophes (Platon, Aristote, Tchouang-tseu, Pic de la Mirandole, Montaigne, Bruno, Campanella, Bacon, Kant, Tocqueville, Newman, Poincaré, Heidegger, Bataille) et de grands écrivains (Ovide, Dante, Pétrarque, Boccace, Alberti, l'Arioste, More, Shakespeare, Cervantès, Milton, Lessing, Leopardi, Hugo, Gautier, Dickens, Herzen, Baudelaire, Stevenson, Okakura Kakuzô, García Lorca, García Márquez, Ionesco, Calvino, Foster Wallace), Nuccio Ordine montre comment l'obsession de posséder et le culte de l'utilité finissent par dessécher l'esprit, en mettant en péril les écoles et les universités, l'art et la créativité, ainsi que certaines valeurs fondamentales telles que la dignitas hominis l'amour et la vérité.
Le professeur d'université Nuccio Ordine propose de nous prendre la main pour une promenade, depuis l'Antiquité jusqu'au XXe siècle, en compagnie de philosophes, de littéraires mais aussi de scientifiques de toutes disciplines. Cet ouvrage est moins un essai critique proposant une argumentation serrée et sévèrement sourcée qu'une sorte de centon librement arrangé autour d'un paradoxe : l'inutile peut-il être utile ? Sous-titré "Manifeste", il ne s'agit pas tout à fait d'exposer un programme, ni de tenir un propos polémique : l'auteur entend bien davantage rendre tangible et évidente sa position critique consistant à revendiquer la liberté comme nécessaire au travail intellectuel. Le texte est structuré en trois temps : I - L'Utile inutilité de la littérature (sur l'importance de la culture littéraire classique dans l'éducation, construite sur le temps long) ; II - L'Université-entreprise (une critique des nouvelles universités construites comme des entreprises avec obligation de profit et de résultat mesurable) ; III - Posséder tue (un éloge de la curiosité intellectuelle et de la liberté). Nous trouvons également en appendice un article d'Abraham Flexner signalé à l'auteur en 2011 suite à une table ronde et intitulé "De l'utilité du savoir inutile" (octobre 1939). Entre la démonstration et la conversation, cet essai met son lecteur en face d'une évidence troublante : qui peut aujourd'hui déterminer le caractère utile ou inutile d'une recherche ? Seul le temps, par son office, pourra nous permettre d'observer ce qui aura produit du fruit et ce qui n'en aura pas (encore ?) produit. Il s'agit donc d'un vibrant plaidoyer pour ne jamais distinguer artificiellement le bon grain de l'ivraie dans tous les champs de recherche : qui vivra verra !













