vendredi 4 septembre 2026

Le Hobbit de J. R. R. Tolkien

Critique du Hobbit de J. R. R. Tolkien


Résumé :
Quatrième de couverture : Bilbo Bessac, comme tous les hobbits, est un bon vivant qui apprécie sa vie sans histoires sous la Colline. Mais un beau jour, Gandalf le magicien et treize nains bourrus toquent à sa porte. Ces derniers ont décidé de récupérer un trésor qu'on leur a dérobé des années auparavant, et sollicitent son aide.
Voici Bilbo entraîné dans un voyage périlleux pour une fabuleuse quête. Une grande aventure qui mènera cette équipée jusqu'à la Montagne Solitaire gardée par le dangereux dragon Smaug. 
Qu'il est difficile de quitter son lit douillet quand l'aventure frappe à la porte ! Bilbo Bessac est un hobbit respectable : la famille Bessac a toujours été décrite comme étant "bien sous tous rapports". Bilbo, quoique Touc par sa mère (une lignée un peu plus chahuteuse) s'est toujours inscrit dans la tradition familiale. Un beau jour cependant, le magicien Gandalf l'invite pour une aventure. Vous vous en doutez, l'invitation est rapidement déclinée mais au matin du jour suivant, le logis de Bilbo est soudainement envahi de Nains familiers et affamés. Thorin Lécudechesne, petit-fils de Thror, fils de Thrain, héritier de la lignée légitime des Rois sous la Montagne est accompagné de ses amis fidèles pour récupérer son palais et son trésor. Smaug, l'effroyable dragon, garde en effet toutes ces merveilles après avoir tué et chassé les Nains de leur montagne et après avoir semé la Désolation chez les Hommes du Val. Le combat semble bien inégal, mais avec l'aide de Bilbo, qui de David ou de Goliath, triomphera ?

John Ronald Reuel Tolkien (1892-1973).

mardi 25 août 2026

Trust de Hernan Diaz

Critique de Trust de Hernan Diaz


Résumé :
Quatrième de couverture : Années 1930. Wall Street traverse l'une des pires crises de son histoire et la Grande Dépression frappe l'Amérique. Un magnat de la finance, époux aimant d'une fille d'aristocrates, a su faire fortune. Le couple préfère vivre à l'écart de la haute société new-yorkaise. Tout semble si parfait chez les gens les plus heureux du monde... Pourtant, le vernis s'écaille, et le lecteur est pris dans un jeu de piste. Et si derrière les légendes américaines se cachaient d'autres destinées plus sombres et plus mystérieuses ?
Wall Street, krach boursier de 1929. L'économie mondiale est à genoux, les marchés deviennent fous et s'emballent durablement. Plusieurs dizaines d'années seront nécessaires pour confirmer l'effort de redressement. Que s'est-il passé ? Alors que tous les jeunes traders et boursicoteurs sont en état de sidération, un homme fait parler de lui. Comme s'il avait pressenti la chute imminente, il s'est employé très tôt à shorter massivement ses actifs : son profit est considérable, insolent, historique. L'accusation d'anti-patriotisme n'est pas loin, celle de fossoyeur et de charognard non plus. Mais un seul homme peut-il vraiment avoir une telle influence sur le marché, cette entité organique, presque animale et résolument indomptable ? L'homme est mystérieux et insaisissable : pourra-t-on un jour raconter son histoire ?

Hernan Diaz

dimanche 9 août 2026

Sato l'impie d'Eka Kurniawan

Critique de Sato l'impie d'Eka Kurniawan


Résumé :
Quatrième de couverture : Sato Reang, le jeune protagoniste de ce court roman d'apprentissage, grandit dans une petite ville de l'île de Java pendant les années 1980. Dans un pays où l'islam majoritaire cohabite sans heurts majeurs avec les autres confessions religieuses, son enfance est toute entière occupée par son désir de s'émanciper de l'éducation que lui impose son père, musulman strictement pratiquant, qui veut faire de lui un enfant pieux, soumis au rythme quotidien des cinq prières obligatoires. Privé de sortie le samedi soir (consacré à la lecture des écritures), il dissimule honteusement son visage derrière le dos paternel, lorsque, à vélo sur le chemin de la mosquée, ils passent devant le marché où sont réunis ses camarades, plus libres et plus chanceux que lui. Quand, rarement, il parvient à s'échapper, les représailles sont sévères : il ne pourra plus jamais voir un ballon de football sans penser à celui que son père a tranché en deux de sa machette lors d'une partie clandestine.
Aidé par les circonstances, le jeune homme fera tout ce qui est en son pouvoir pour se libérer du carcan de son éducation. C'est pourtant au moment où il pensera y être parvenu que le piège se refermera sur lui. Maître en rebondissements et en provocations, Kurniawan nous propose, avec cette fable menée tambour battant, une très intéressante méditation sur le libre-arbitre et son usage. Il dresse aussi le portrait attachant, et très universel, d'un personnage à jamais marqué par les gestes et les rituels qu'on lui a inculqués.
Sato Reang est un enfant comme les autres. Il joue au ballon avec ses amis au lieu d'écouter le prêche à la mosquée, s'adonne volontiers aux combats de grillons et se laisse facilement entraîner dans des bêtises et des farces, pas toujours de très bon goût. L'autorité paternelle se fait néanmoins de plus en plus sentir jusqu'à ce fameux jour de la circoncision. À l'âge de l'adolescence, la période d'insouciance est terminée : Sato devra rendre des comptes, respecter les principes de l'Islam, devenir pieux. La métamorphose aura-t-elle lieu ?

Eka Kurniawan

mercredi 5 août 2026

Un été sans les hommes de Siri Hustvedt

Critique d'Un été sans les hommes de Siri Hustvedt


Résumé :
Quatrième de couverture : Incapable de supporter plus longtemps la liaison que son mari, Boris, neuroscientifique de renom, entretient avec une femme plus jeune qu'elle, Mia, poétesse de son état, décide de quitter New York pour se réfugier auprès de sa mère qui, depuis la mort de son mari, a pris ses quartiers dans une maison de retraite du Minnesota. En même temps que la jubilatoire résilience dont fait preuve le petit groupe de pétillantes veuves octogénaires qui entoure sa mère, Mia va découvrir la confusion des sentiments et les rivalités à l'œuvre chez les sept adolescentes qu'elle a accepté d'initier à la poésie le temps d'un été, tout en nouant une amitié sincère avec Lola, jeune mère délaissée par un mari colérique et instable...
Parcours en forme de "lecture de soi" d'une femme à un tournant de son existence et confrontée aux âges successifs de la vie à travers quelques personnages féminins inoubliables, ce roman aussi solaire que plaisamment subversif dresse le portrait attachant d'une humanité fragile mais se réinventant sans cesse.
Après avoir appris l'infidélité de son mari Boris et son départ avec sa nouvelle conquête, Mia, la narratrice du roman, décide de quitter Brooklyn. Un séjour en hôpital psychiatrique pour folie passagère l'a en effet engagée à quitter l'appartement conjugal, plein de souvenirs et de confrontations douloureuses. Lui est un chercheur prisé en neurophysique, elle est universitaire en littérature et poétesse publiée. Elle décide donc de passer l'été dans le Minnesota, les terres de son enfance, à proximité de sa mère. Mia prend ses marques dans la maison d'une famille qu'elle loue : elle s'attelle à différents projets. Elle organise et anime un atelier d'écriture poétique à destination de jeunes adolescentes et sa mère participe à un club de lecture avec un cercle d'amies de la maison de retraite. Ainsi se noue un réseau de sociabilités qui l'amèneront à reconsidérer l'étape actuelle de sa vie. Lola, sa voisine, une jeune mère de famille ayant deux enfants en bas âge et un mari colérique, devient aussi, au fil des jours, une rencontre importante. Entre méditation philosophico-littéraire et récit quotidien, cette pause conjugale sera finalement une source féconde pour comprendre la vie et célébrer les femmes.

Siri Hustvedt

jeudi 30 juillet 2026

Fils prodigues de Colin Barrett

Critique de Fils prodigues de Colin Barrett


Résumé :
Quatrième de couverture : En ce week-end de festival du saumon à Ballina, en Irlande, les frères Ferdia ont décidé de faire payer à Cillian English la perte d'un paquet de drogue. Ils kidnappent son jeune frère et le cachent dans la ferme isolée du grand Dev, un colosse solitaire, trop sensible pour jouer les caïds.
Dans ce petit monde où l'on se cabosse de génération en génération, entre pères absents et mères courage, personne n'a les moyens de payer la rançon. Il reste l'amour et la solidarité, même s'ils sont écorchés et hors la loi. Et des éclats d'humanité que Colin fait briller comme personne.
Ce roman beau et délicat rend grâce à une jeunesse perdue dont les rêves s'effilochent avant même qu'on y croie. "Dans une petite ville de l'ouest de l'Irlande, c'est tout un monde, inoubliable et intense, qui est capturé pour le lecteur", Colm Tóibín.
C'est le festival du saumon à Ballina, une ville du nord-ouest de l'Irlande, mais la jeunesse locale ne prend pas vraiment part à la fête... C'est pourtant elle qui habite le cœur de ce roman : du couple de jeunes de seize ans au vieux trentenaire déjà mangé par la vie en passant par la jeune étudiante en début de vingtaine. Leurs trajectoires se mêlent, leurs projets se font et se défont dans un quotidien qui semble avoir été déserté par toute autorité, toute bienveillance et presque tout amour. Le récit aborde une petite affaire de drogue à l'échelle de la ville (qui aura probablement son traitement médiatique dans le journal local) et nous embarque dans le quotidien d'une galerie de personnages si troublants de réalité... Un diagnostic d'une tristesse accablante mais aussi un concentré d'humanité où tout enthousiasme n'est pas mort et où personne ne s'avoue vaincu, quitte à devoir remonter le courant.

Colin Barrett à Dublin (crédits : Anoush Abrar / Rolex).

jeudi 23 juillet 2026

Jours sans faim de Delphine de Vigan

Critique de Jours sans faim de Delphine de Vigan


Résumé :
Quatrième de couverture : "Cela s'était fait progressivement. Pour en arriver là. Sans qu'elle s'en rende vraiment compte. Sans qu'elle puisse aller contre. Elle se souvient du regard des gens, de la peur dans leurs yeux. Elle se souvient de ce sentiment de puissance qui repoussait toujours plus loin les limites du jeûne et de la souffrance. Les genoux qui se cognent, des journées entières sans s'asseoir.
En manque, le corps vole au-dessus des trottoirs. Plus tard, les chutes dans la rue, dans le métro, et l'insomnie qui accompagne la faim qu'on ne sait plus reconnaître.
Et puis le froid est entré en elle, inimaginable. Ce froid qui lui disait qu'elle était arrivée au bout et qu'il fallait choisir entre vivre et mourir".
D'abord, la voix de Laure n'existe pas. Cette dernière est comme étrangère à son propre témoignage, seulement désignée par la troisième personne. Puis survient une autre voix, qui la tire de sa torpeur, et elle effectue la grande traversée. Elle se rend enfin à l'hôpital pour y être soignée. Laure, une jeune fille au seuil de l'âge adulte, souffre d'anorexie mentale sévère : trente-six kilos pour un mètre soixante quinze lors de son admission en hospitalisation d'urgence. C'est un miracle qu'elle ne soit pas déjà morte ou dans un profond coma. Débute alors le récit d'une longue et tortueuse rémission au sein du service nutrition. Au gré des rencontres, des sorties et des rechutes, Laure va progressivement se rattacher à la vie par un fil, comme celui de ses tricots ou celui de la sonde naso-gastrique avec laquelle elle entretient un rapport difficile. Publié sous le pseudonyme de Lou Delvig en 2001, ce texte est le premier roman de Delphine de Vigan. Témoignage autobiographique en partie fictif, le personnage de Laure est librement inspiré de l'expérience de l'auteur : en hypokhâgne puis en khâgne, elle est progressivement tombée dans l'anorexie mentale et a vécu une hospitalisation de six mois après avoir passé le concours de l'École Normale Supérieure (ENS).

Delphine de Vigan

lundi 20 juillet 2026

Violences en cuisine de Nora Bouazzouni

Critique de Violences en cuisine de Nora Bouazzouni


Résumé :
Quatrième de couverture : "Le client est roi, mais nous, on n'est rien". Depuis près de deux siècles, ce mythe justifie la normalisation de violences de tous ordres - économiques, physiques, psychologiques, homophobes, racistes, sexistes et sexuelles. Comment s'étonner aujourd'hui que 200 000 postes soient vacants, lorsque l'on découvre le décalage glaçant entre la vitrine et la cuisine ?
Pendant quatre ans, Nora Bouazzouni a recueilli des centaines de témoignages d'employés de la restauration. Tous dénoncent un système bien rodé, qui ne tient que par l'exploitation des travailleurs et des travailleuses, et où nombre de chefs règnent par la terreur. Malgré l'ampleur sidérante des abus, aucun n'a jamais vraiment été inquiété. C'est qu'en France, la "haute" cuisine jouit d'une impunité exceptionnelle. Gare à qui osera s'y attaquer. Ce livre s'y emploie.
Dans cet ouvrage, la journaliste Nora Bouazzouni se livre à une enquête dénonçant la violence systématique qui règne dans le secteur de la restauration en France (essentiellement restaurants, hôtels, cafés et boulangeries-pâtisseries). Les hôtels, cafés et restaurants (HCR) sont confrontés à une crise en France qui s'est trouvée sensiblement accélérée par la pandémie de COVID-19. Aujourd'hui, c'est un domaine professionnel qui peine notoirement à recruter et à garder ses employés. Pour autant, comme le souligne la journaliste, la restauration n'est pas un secteur professionnel comme un autre en France, d'où l'attention accrue de l'État qui dispense des aides variées pour soutenir les entreprises en difficulté. Les entreprises oui, mais qu'en est-il des salariés ? Secteur professionnel difficile et exigeant, la gastronomie française a une réputation d'excellence qui justifie trop souvent toutes les dérives : violences physiques et psychologiques pour "faire ses preuves", bizutages, horaires de travail insoutenables, heures supplémentaires non payées ou encore non respect des normes et de la législation en vigueur. La figure du "chef" est entourée d'une aura d'artiste créateur et souvent au cœur de réseaux d'influences variés. Dans un tel cadre, même les scandales qui affleurent ponctuellement ne sont pas suivis de mesures durables pour protéger les salariés du secteur. La journaliste critique essentiellement le fossé de plus en plus marqué entre une profession idéalisée grâce aux émissions télévisuelles (Top Chef, Cauchemar en cuisine, Tous en cuisine...), les classements nationaux et mondiaux (Michelin, Gault & Millau en France), les concours (comme le Meilleur Ouvrier de France ou le Meilleur Apprenti de France) et la réalité du terrain où la jeunesse s'épuise et s'abime. Mais les solutions proposées sont-elles à la hauteur du défi ?

Ratatouille, le rat chef-cuisinier français d'un film d'animation produit par Pixar (2007).