samedi 9 mai 2026

Madelaine avant l'aube de Sandrine Collette

Critique de Madelaine avant l'aube de Sandrine Collette

Résumé :
Quatrième de couverture : C'est un endroit à l'abri du temps. Ce minuscule hameau, qu'on appelle Les Montées, est un pays à lui seul pour les jumelles Ambre et Aelis, et la vieille Rose.
Ici, l'existence n'a jamais été douce. Les familles travaillent une terre avare qui appartient à d'autres, endurent en serrant les dents l'injustice. Mais c'est ainsi depuis toujours.
Jusqu'au jour où surgit Madelaine. Une fillette affamée et sauvage, sortie des forêts. Adoptée par Les Montées, Madelaine les ravit, passionnée, courageuse, si vivante. Pourtant, il reste dans ses yeux cette petite flamme pas tout à fait droite. Une petite flamme qui fera un jour brûler le monde.
Où sommes-nous ? Qui saurait le dire. Aux abords d'une forêt dans un village complètement isolé et coupé du monde par une bras de rivière, le Basilic, qu'il faut traverser au moyen d'un bac. L'antique nocher, Charon immémorial, est une très vieille femme. Que dire aussi des maisons ? Il s'agit de vieux corps de fermes humides, le sol est en terre battue et souvent il n'y a que deux pièces : la cuisine, et, attenant, l'endroit où l'on se serre tous ensemble pour tenter d'avoir chaud. Il ne reste plus que quelques familles qui travaillent dur sur la terre des maîtres. La nature est dure aussi : l'implacable gel ravit les récoltes et décime les hommes ; les maîtres sont cruels, surtout Ambroisie-le-Fils (c'est ainsi qu'on l'appelle). Monté sur son cheval gris, ce limier pourchasse les femmes à qui il n'épargne aucune violence. Perdues dans ce hameau nommé "Les Montées", Ambre et Aelis sont deux sœurs jumelles qui suivent, chacune, la pente inexorable de leur destin. Un jour, la vieille Rose, âme et mémoire du village, trouve une petite fille égarée dans les bois : elle s'appellera Madelaine et plus rien ne sera jamais comme avant.

dimanche 3 mai 2026

Un Sandwich à Ginza de Hiramatsu Yôko

Critique d'Un Sandwich à Ginza d'Hiramatsu Yôko

Résumé :

Quatrième de couverture : Ces histoires délicieuses qui nous font venir l'eau à la bouche, l'écrivaine gastronome les a composées en compagnie de son ami Taniguchi. Elle nous donne le goût du Japon avec une volupté, une euphorie contagieuses. Cuisine bouddhique à Kamakura, pot-au-feu de fugu à Osaka ou fête de l'anguille à Narita, gyôza croustillants à Jimbôchô, tempuras de crosses de fougères et de pousses de lis à Ginza... Autant de restaurants que de petits quartiers, leurs spécialités et les personnages qui les animent. Car ce livre est aussi un document vivant qui nous fait comprendre le rapport des Japonais à la nourriture : mets de saison et plats de fête, recettes jalousement gardées, destins d'établissements centenaires. Un livre alléchant, d'une merveilleuse sensualité, qui assouvit aussi bien les rêveries gustatives que la soif de connaissances sur le Japon.
Ce voyage culinaire aura su prendre toutes les formes possibles pour ravir son lecteur. De la promenade avec déjeuner sur le pouce, à la pause midi d'entreprise, en passant par le pèlerinage culinaire voire le retour en enfance ou le voyage dans le temps : l'auteur nous fait passer par une multitude d'émotions qui renvoient à des expériences de vie universelles et donc tellement intimes. L'ouvrage, scindé en petits chapitres abordant un lieu, un met ou un thème culinaire, s'adresse sans conteste à de véritables gourmets. Que vous soyez fin connaisseur de la gastronomie japonaise ou simple curieux : l'eau à la bouche, vous naviguerez de découverte en découverte !

mercredi 29 avril 2026

La Végétarienne d'Han Kang

Critique de La Végétarienne d'Han Kang

Résumé :

Quatrième de couverture : Une nuit, Yōnghye se réveille et va au réfrigérateur, qu'elle vide de toute la viande qu'il contient. Guidée par son rêve, elle a désormais un but : devenir végétale, se perdre dans l'existence calme et inaccessible des arbres et des plantes. Ce dépouillement qui devient le sens de sa vie, le pouvoir érotique, floral de sa nudité vont faire voler en éclats les règles de la société, dans une lente descente vers la folie et l'absolu.
Tout commence par une rupture radicale et inattendue : Yōnghye décide d'arrêter de consommer tout produit d'origine animale. Non seulement elle n'en mange plus, mais elle n'en prépare plus non plus pour son mari. La nourriture étant un rituel culturel, ce bouleversement affecte son foyer et par extension toute sa famille puis la communauté sociale élargie comme une onde de choc à réverbérations. Quelles seront les conséquences ultimes d'un tel choix ? Ira-t-elle jusqu'au bout ? Et en définitive... pourquoi ?


jeudi 9 août 2018

L'Œuvre au Noir de Marguerite Yourcenar

Critique de L'Oeuvre au Noir de Marguerite Yourcenar


Résumé :
Quatrième de couverture : En créant le personnage de Zénon, alchimiste et médecin du XVIe siècle, Marguerite Yourcenar, l'auteur des Mémoires d'Hadrien, ne raconte pas seulement le destin tragique d'un homme extraordinaire. C'est toute une époque qui revit dans son infinie richesse, comme aussi dans son âcre et brutale réalité : un monde contrasté où s'affrontent le Moyen Âge et la Renaissance, et où pointent déjà les temps modernes, monde dont Zénon est issu, mais dont peu à peu cet homme libre se dégage, et qui pour cette raison même finira par le broyer.
L'Oeuvre au Noir a obtenu en 1968 le prix Femina à l'unanimité.
Au coeur du XVIe siècle naît, vit et meurt Zénon, fils bâtard de Messer Alberico de' Numi jeune courtisan chez les Borgia et d'Hilzonde Ligre, soeur d'Henri-Juste Ligre, un flamand épris d'Italie qui accueille ce dernier chez lui. Son statut dans la société prédestine Zénon à des études de théologie pour intégrer l'Église mais très tôt, l'enfant témoigne de capacités remarquables pour l'étude. Grâce à l'enseignement du beau-frère d'Henri-Juste, le chanoine de Saint-Donatien à Bruges Bartholommé Campanus, il apprend rapidement le latin, un peu de grec et les fondamentaux de l'art alchimique. À Bruges, il fréquente également des garçons du peuple comme Jean Myers ou encore Colas Gheel qui développent chez lui un amour de l'expérimentation pratique. Pour confirmer son aspiration à la prêtrise, il s'inscrit à l'École de théologie très renommée de Louvain. Ainsi débute le parcours de Zénon, personnage fictif dont le destin de médecin philosophe ranime les débats, les controverses et les passions qui travaillèrent le XVIe siècle.

L'Homme de Vitruve, dessin annoté de Léonard de Vinci, vers 1490.


jeudi 15 décembre 2016

Sur les chemins noirs de Sylvain Tesson

Critique de Sur les chemins noirs de Sylvain Tesson


Résumé :
Quatrième de couverture : Il m'aura fallu courir le monde et tomber d'un toit pour saisir que je disposais là, sous mes yeux, dans un pays si proche dont j'ignorais les replis, d'un réseau de chemins campagnards ouverts sur le mystère, baignés de pur silence, miraculeusement vides.
La vie me laissait une chance, il était donc grand temps de traverser la France à pieds sur mes chemins noirs.
Là, personne ne vous indique comment vous tenir, ni quoi penser, ni même la direction à prendre.
Écrivain-voyageur, Sylvain Tesson a sillonné la Sibérie, chevauché dans les steppes et campé sur les bords du lac Baïkal. Mais c'est un récit de voyage d'un autre genre qu'il raconte dans Sur les chemins noirs. Alors qu'il fêtait la publication prochaine d'un de ses livres, il fait une chute de près de dix mètres en escaladant la façade d'une maison. Après une dizaine de jours passée dans le coma, il débute une longue période de rémission à l'hôpital mais conserve de graves séquelles de cet accident. Etant encore alité, il se promet de réaliser un tour de France dès qu'il pourra marcher librement à nouveau. Il remarque, avec beaucoup d'ironie, que bien qu'il connaisse la Sibérie et même l'Himalaya, la France et ses régions ne lui sont pas familières. Il décide alors d'aller à la découverte de son propre pays dans le cadre d'un périple intime, par ce qu'il appelle "ses chemins noirs", c'est-à-dire les petits chemins des zones hyper-rurales, tout juste répertoriés sur les cartes de l'IGN au 25 000e. Du Mercantour jusqu'au Cotentin, il traverse le pays par la diagonale du fou, privilégiant les espaces solitaires, et livre au lecteur, pas à pas, ses impressions de voyage.



mardi 30 août 2016

Une Vie de Maupassant

Critique d'Une Vie de Maupassant


Résumé :
Quatrième de couverture : À dix-sept ans, radieuse, prête à toutes les joies, à tous les hasards, Jeanne quitte enfin le couvent. Dans le désœuvrement des jours et la solitude des espérances, de toutes ses rênes, le plus impatient est celui de l'amour... Oh ! Elle en sait des choses sur le frémissement des cœurs, l'élan des âmes. Elle les a si souvent pressentis, espérés, ces bonheurs-là. Aussi, lorsqu'il paraît, le reconnaît-elle sans peine. L'être créé pour elle... Julien ! Le même écho s'éveille en leurs cœurs... Le mariage scellera leur amour. Mais que suit-elle, lorsque le voile se déchire, des grandes étreintes, des secrets d'alcôves, des désirs d'hommes ? Que sait-elle de l'amour sinon sa poésie ? Alors ils se regardent... Les illusions, à peine écloses, déjà se fanent et bientôt ne sont plus. C'est une vie qui se déroule...
Jeanne est née dans une famille de petits nobles de province. Son père est un baron attaché aux idées du siècle dernier qui, à l'instar de Diderot, cultive un athéisme moral ; sa mère, une lettrée romantique, lectrice de Corinne, un roman de Madame de Staël. Lorsque Jeanne sort du couvent où sa famille l'avait placée pour lui assurer une éducation complète d'honnête fille et sauvegarder sa chasteté, la vie se présente à elle comme un plat qu'elle est avide de goûter. Une fois parvenue dans la maison de son enfance, le domaine des Peuples, elle s'éveille naturellement à l'amour avant même l'arrivée d'un potentiel prétendant. Lorsque le vicomte Julien est introduit au domicile familial, elle en tombe amoureuse comme si elle obéissait à la logique des choses, à un destin irrémédiable. Julien vient d'une famille désargentée mais les parents de Jeanne n'émettent pas d'objection et le mariage est vite conclu : le jeune ménage s'installera dans la demeure familiale. Le domaine des Peuples devient alors le théâtre et le témoin des bouleversements de la vie de Jeanne.

lundi 4 juillet 2016

Les Antimodernes d'Antoine Compagnon

Critique des Antimodernes de Joseph de Maistre à Roland Barthes d'Antoine Compagnon



Résumé :
Quatrième de couverture : Qui sont les antimodernes? Non pas les conservateurs, les académiques, les frileux, les pompiers, les réactionnaires, mais les modernes à contrecœur, malgré eux, à leur corps défendant, rétifs au modernisme naïf et zélateur du progrès.
Quelques grands thèmes - dégagés à partir de la lecture de Joseph de Maistre, Chateaubriand, Baudelaire, Flaubert d'un côté, de l'autre Proust, Caillois ou Cioran - caractérisent le courant antimoderne aux XIXe et XXe siècles : historique, la contre-révolution ; philosophique, les anti-Lumières ; moral, le pessimisme ; religieux, le péché originel ; esthétique, le sublime ; et stylistique, la vitupération.
Antoine Compagnon examine quelques configurations antimodernes majeures : Lacordaire, Léon Bloy, Péguy, Albert Thibaudet et Julien Benda, Julien Gracq et, enfin, Roland Barthes, "à l'arrière-garde de l'avant-garde", comme il aimait se situer.
Les antimodernes ont été le sel de la modernité, son revers ou son repli, sa réserve et sa ressource. Sans l'antimoderne, le moderne courait à sa perte, car les antimodernes ont donné la liberté aux modernes : ils ont été les modernes plus la liberté.
Par la dénomination d'antimoderne, Antoine Compagnon essaie de qualifier un profil particulier d'écrivains du XIXe et du XXe siècles à partir de Joseph de Maistre. Il n'entend pas par "antimoderne" quelqu'un qui s'oppose à la modernité ou tend à la récuser, à la rejeter. Au contraire l'antimoderne doit avoir goûté à la modernité, y avoir cru mais s'en être détaché ou entretenir un rapport ambivalent avec elle. Par conséquent, l'antimoderne peut relever de profils très hétéroclites, ce qui explique la diversité et la multiplicité des auteurs convoqués par Antoine Compagnon dans l'ouvrage : Joseph de Maistre, Baudelaire, Péguy, Thibaudet ou encore Jean Paulhan, Julien Benda et Julien Gracq, autant d'écrivains très différents.
La première partie de l'essai intitulée "les idées" donne quelques traits caractéristiques, selon l'auteur, des antimodernes. Ils sont opératoires à des plans divers (religieux, esthétique, stylistique...). La seconde partie, plus longue, est intitulée quant à elle "les hommes" et se subdivise en chapitres consacrés à un ou plusieurs auteurs jugés antimodernes. Les portraits se distinguent par une attention importante consacrée à l'homme, à son ancrage social et politique dans la société ainsi qu'à son rapport avec les institutions littéraires. Les citations fréquentes permettent au lecteur de juger "sur pièces" et de confronter, au fil de la lecture, les différents profils pour tenter de lier ces écrivains les uns aux autres.